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Soumaré : « Je ne crains personne »

Myriam Soumaré

Myriam Soumaré - -

Qualifiée au temps pour la finale du 200m, Myriam Soumaré est impatiente d’en découdre mercredi soir. Malgré une concurrence très relevée, la championne d’Europe de 2010 ne s’interdit pas de rêver

Myriam, vous êtes en finale du 200m. C’est magnifique, non ?

Je suis trop contente ! J’étais en stress quand j’ai vu les autres séries. Lorsque j’ai vu les chronos de la troisième série, j’étais en panique. Finalement, je suis en finale des Jeux Olympiques. J’ai envie de pleurer. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Mercredi, les compteurs seront remis à zéro. Je vais tout donner. Je n’ai plus rien à perdre.

Que représente cette finale olympique pour vous ?

C’est beaucoup de sacrifices et de travail. J’ai souffert. Mes coaches étaient convaincus que j’allais entrer en finale. En demi-finale, je fais encore des erreurs techniques. Je perds mon bassin dans les derniers mètres. Je suis nouvelle dans le haut niveau. Je n’ai pas voulu rêver de cette finale olympique. Je sais que ce sont des rêves qui peuvent nous couper les ailes. J’ai préféré penser à la demie. Je me suis dit que s’il n’y avait pas la finale au bout, il y aurait un chrono. Et s’il n’y avait pas le chrono, il y aurait une course de folie. Je rentre en finale des JO. Tout peut arriver. Les filles auront les crocs mais elles n’ont pas l’habitude de me voir en finale. Elles ne savent pas ce que j’ai sous les pieds.

Pensez-vous pourvoir viser quelque chose en finale ?

Je perds mon bassin dans les vingt derniers mètres (en demi-finales). Mes fesses partent en arrière et ma cambrure ressort. Par conséquent, le pied se lève un peu moins haut. C’est toute une technique à revoir. Mais bon, on va mettre ces choses-là sur le coup du stress et de la pression. Je voulais absolument passer en finale. Mercredi, ce sera la guerre. Toutes les filles veulent aller chercher un podium. Je fais partie des filles qui auront faim. Il faut que je garde un petit peu d’énergie.

Comment imaginez-vous cette journée avant la finale ?

Ça va être horrible. Je vais rester seulement avec mon entraîneur (Olivier Darnal, ndlr). On va s’isoler le plus possible. Je vais rester dans ma bulle. Le but du jeu est de cartonner en finale. Je ne sais pas comment gérer, c’est la première fois. Je suis encore dans l’apprentissage. Je vais faire avec ce qu’il y aura. Je ne vais pas commencer à penser au podium. Je vais devenir folle sinon. Je ne crains personne.

Pierrick Taisne à Londres