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Wimbledon en mode « cool » pour les JO

Novak Djokovic

Novak Djokovic - -

Trois semaines après les sacres de Roger Federer et Serena Williams, Wimbledon, le temple du tennis britannique, rouvre ses portes pour le tournoi olympique. L’ambiance sera plus détendue qu’à l’occasion du tournoi du Grand Chelem.

« Shocking Wimbledon », diront peut-être les plus fervents défenseurs de la tradition. Des bâches violettes en fond de court, des joueurs qui osent s’affranchir de la règle du blanc, d’ordinaire imposé de la tête aux pieds. A partir de ce samedi et jusqu’au 5 août, le All-England Club, qui accueille chaque année le tournoi du Grand Chelem, verra les Jeux Olympiques se dérouler sur ses vertes prairies. Et les conditions de jeu paraîtront peut-être laxistes pour les orthodoxes de Wimbledon. « C’est une ambiance complètement différente, explique la Française Alizé Cornet. D’habitude, c’est très guindé. Là, c’est plus festif. Il y a des couleurs. Ça enlève un peu de rigidité à Wimbledon. Tout paraît très sympathique. »

Il y a tout juste trois semaines, c’est devant quelques membres de la famille royale et autres représentants de l’aristocratie britannique que Roger Federer et Serena Williams ont conquis leurs 7e et 5e titres à Londres. A l’occasion des JO, la révérence devrait se faire plus rare dans les tribunes… « Ce n’est pas la même atmosphère, confirme Richard Gasquet. Mais on connait Wimbledon, ça reste de l’herbe. » Une surface qui a quand même été régénérée, grâce à des graines à pousse rapide. Gilles Simon, lui, trouve qu’« on reconnait bien Wimbledon ». « Les terrains sont les mêmes, on connait par cœur ». Et le Niçois ne sera pas à compter parmi les choqués de l’assouplissement de la règle de la couleur unique.

Des matchs plus courts

« Je suis juste content de pouvoir jouer en bleu, en rouge et pas systématiquement en blanc, souffle le Français. Les traditions, parfois… Ça fait du bien de changer. » Par contre, pour Gilles Simon, « le point négatif, c’est que c’est extrêmement loin du village olympique et on ne pourra pas en profiter à fond ». « Quoi qu’il arrive, c’est très spécial, préfère mettre en avant Jo-Wilfried Tsonga, le numéro 1 tricolore. Les Jeux Olympiques, ça n’a rien à voir avec un tournoi. » Et l’une des différences les plus marquantes sera à chercher du côté des scores. Pour les marathons en cinq sets et cinq heures de jeu, sans parler du record de Nicolas Mahut et John Isner en 2010 (11h05), il faudra attendre le début de l’été 2013.

Aux JO, tous les matchs sauf la finale masculine se dérouleront en deux sets gagnants. « Je ne sais pas trop comment ça va se passer » s’interroge Richard Gasquet. Le droit à l’erreur, au réveil tardif, sera banni. Le numéro 1 mondial Roger Federer a d’ailleurs parfaitement noté qu’avec ce système, il aurait été éliminé par Julien Benneteau cette année au troisième tour. « Et puis, c’est différent parce qu’on représente la France », estime aussi « Richie ». Une médaille olympique, ce serait même « le Graal », pour Jo-Wilfried Tsonga. Il aura deux chances, en double et en simple, où Roger Federer, Novak Djokovic et Andy Murray font figure d’épouvantails. Les favoris de Wimbledon sont toujours les mêmes. Qu’il y ait ou non les anneaux olympiques à chaque coin de Londres.

LP avec GQ