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Bonna : « Je ne réalise pas trop »

Pénélope Bonna

Pénélope Bonna - -

Troisième l’an passé, Pénélope Bonna, 22 ans, a été sacrée hier championne d’Europe en moins de 52 kg, à Istanbul. Le premier grand titre de sa carrière, et la première médaille pour le camp tricolore.

« Bronzée » l’an dernier, vous décrochez cette fois-ci l’or : les championnats d’Europe sont votre compétition !

Si je ne gagne que les championnats officiels et que je ne suis pas sur les podiums lors des autres tournois, ça ne me dérange pas.

Quel est votre sentiment après cette première médaille d’or dans un grand championnat ?

Je ne réalise pas trop. Je suis super heure et fière de ma journée. J’ai vraiment fait de bons combats. Je me suis fait plaisir et je suis contente.

Vous sentez-vous prête maintenant à aller chercher les Japonaises, qui sont les reines de la catégorie ?

Avant, je savais que j’étais un petit peu en-dessous d’elles, mais ce sont des filles que je peux battre. Mon petit problème est que j’étais capable de battre n’importe qui mais aussi de perdre contre n’importe qui. J’ai progressé dans ce secteur. Les filles numéro 1, je les attends avec impatience.

Lors de ce championnat, on vous a vu relâchée, tenter de nouvelles techniques aussi…

Aujourd’hui, je n’ai rien lâché. Je fais pourtant ce genre de techniques à l’entraînement mais en compétition, je reste un peu plus sur la réserve. Là, j’ai tout donné et ça a payé.

Avez-vous une explication à ce changement ?

Psychologiquement, j’ai progressé. Je suis arrivée avec beaucoup moins de pression que lors des compétitions précédentes. Je savais que j’avais une médaille de bronze à garder, voire mieux. Et j’ai fait mieux. Je suis très contente.

Est-ce que la concurrence de Priscilla Gneto, troisième du Tournoi de Paris mais éliminée au premier tour à Istanbul, a joué un rôle dans votre performance ?

Pas mal de personnes autour de moi me disaient que j’étais forte, que c’était seulement un problème psychologique. J’avais envie de montrer et de me prouver que j’étais capable de le faire. Je voulais montrer que j’étais encore forte et qu’il ne me manquait qu’un petit truc psychologique. La présence de Priscilla a changé la donné aussi. J’avais envie de montrer que j’en étais capable.

Objectif Paris, maintenant, et les championnats du monde (23-28 août) ?...

Les tournois qui vont arriver vont me servir à préparer les Mondiaux. Les « Monde », c’est le plus important.

Vous étiez en stage au Japon au moment du séisme et du tsunami. On vous a vu bouleversée. Ce traumatisme vous a-t-il aidée aujourd’hui ?

J’avais dit que mentalement, j’avais progressé et que le groupe s’était rapproché de moi. Cela m’a fait du bien d’avoir mes proches, mon copain, qui étaient présents quand je n’allais pas bien. Mon club m’a soutenu dans cette épreuve et ça a été un plus.

Propos recueillis par Morgan Maury