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Gneto : « La fête à Abidjan, en Corse et un peu partout ! »

Priscilla Gneto

Priscilla Gneto - -

A seulement 20 ans, la Française Priscilla Gneto a réalisé une magnifique performance en décrochant la médaille de bronze en -52 kg ce dimanche aux Jeux Olympiques de Londres. La judokate tricolore est aux anges.

Priscilla, dans quel état êtes-vous après cette médaille de bronze ?

Je ne réalise pas encore. Je suis contente. C’est tout ce que je peux dire.

Seulement contente ?

Heureuse ! (rires)

C’est votre première grande récompense internationale, à 20 ans…

C’est génial. J’en avais marre, je me loupais à chaque Championnats d’Europe… Ça fait vraiment plaisir. Je me disais que j’étais une fille de tournois. Je peux être aussi une fille de championnats.

Pouvez-vous nous raconter ce dernier combat ?

J’en avais marre. Je voulais finir. Je me suis dit : « tu n’as essayé qu’à gauche depuis le début, ça ne marche pas, elle te bloque, donc tant qu’à faire, autant aller à droite, tu sais le faire ». Et ça a marqué.

Et là, que s’est-il passé ?

Wouah… Au début, je ne pensais pas que ça avait marqué. J’ai entendu tout le monde crier, je me suis dit : « le combat est fini, c’était une horreur (rires) et puis ça y est, t’es troisième ». J’étais contente.

« Pas facile d’être une fille et de faire du judo »

Pourtant, vous souffrez de l’épaule depuis quelques semaines…

Aujourd’hui, c’était vraiment un petit détail. J’essaye de ne pas y penser.

Etes-vous impressionnée par les Jeux Olympiques ?

Oui, quand je suis venue voir la compétition hier (samedi), c’était impressionnant. Aujourd’hui, je me suis mis dans l’optique que c’était une compétition comme les autres, avec des personnes que j’ai l’habitude de rencontrer en tournois. Je ne me prenais pas la tête par rapport à l’enjeu autour de cette compétition.

Vous êtes à la fois française, ivoirienne et corse…

Oui, je suis d’origine ivoirienne par mes parents et je vis en Corse depuis toute petite. Tout le monde était déjà heureux de ma participation. Ils se sont déplacés en masse. Je pense que ça va faire la fête aussi à Abidjan, en Corse et un peu partout ! C’est pour tout le monde, pour tous ceux qui m’ont aidé, qui sont derrière moi.

Et vous prouvez que le judo peut être très féminin…

C’est clair que ce n’est pas facile d’être une fille et de faire du judo. On essaye de rester féminine malgré tout. Je ne prends pas la tête. J’ai toujours été comme ça. (rires)

Propos recueillis par Pierre Dorian