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Judo: moment fort aux Mondiaux, l’ex-Iranien Mollaei a affronté un combattant israélien

Saeid Mollaei

Saeid Mollaei - AFP

Un événement marquant a eu lieu ce mercredi aux Mondiaux de judo de Budapest. L’ex-Iranien Saeid Mollaei, qui combat désormais pour la Mongolie, a affronté l’Israélien Din Yaacov Gemer. Explications.

C’est un moment historique qui s’est déroulé ce mercredi sur les tatamis de Budapest. L’Iranien Saeid Mollaei, maintenant sous pavillon mongol, a affronté un combattant israélien au deuxième tour du tableau des moins de 81kg aux Mondiaux de judo. Din Yaacov Gemer, vainqueur d’un Grec (ippon) au premier tour, est monté face à Mollaei. Champion du monde 2018, l’ex-Iranien n’a eu aucun mal à battre son adversaire sur deux actions données waza-ari. Mollaei l’a aidé à se relever et ils se sont parlés après la poignée de main.

Aux Mondiaux 2019, Mollaei, alors combattant pour la république islamique d’Iran, était lancé vers son deuxième titre mondial consécutif. De l’autre côté du tableau, l’Israélien Sagi Muki progressait aussi vers la finale. Le choc allait-il arriver? Menacé par les autorités de son pays en pleine salle d’échauffement, Mollaei a lâché sa demi-finale puis son combat pour le bronze pour ne pas rencontrer Muki, futur vainqueur, ni même monter sur le podium à ses côtés.

Un combat entre Mollaei et Muki aux JO de Tokyo?

Exfiltré par la fédération internationale (IJF), Mollaei s’est retrouvé caché en Allemagne, loin de ses proches menacés par le régime. Mollaei a retrouvé un dossard grâce à la Mongolie et son président judoka. Depuis, le rapprochement avec Israël s’est fait. Lui et Muki ont posé ensemble à Paris, Mollaei a combattu en Israël lors du tournoi de Tel-Aviv, où il a été accueilli en héros. La boucle était presque bouclée. Mais jamais il n’avait affronté ni un combattant de l’Etat hébreu ni Muki son grand rival. Dans le passé, le Perse avait déjà, de son propre chef cette fois, évité tout judoka israélien en simulant une blessure ou perdant un match face à un inconnu.

En 2004, aux JO d’Athènes, l’épisode le plus célèbre a été le renoncement du double champion du monde Arash Miresmaeili avant son premier tour contre un Israélien. Ultra-favori en moins de 66kg, il avait fait faux bond lors de la pesée avec un surplus de plusieurs kilos. Miresmaeili, devenu président de la fédération, avait été reçu en héros au pays avec le chèque donné aux médaillés d’or. Ne reste plus qu’à défier Muki, ce sera peut-être aux JO cet été, dans la salle où l’histoire de Mollaei a pris un tournant inattendu.

Morgan Maury