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Le sept Décosse

Lucie Décosse

Lucie Décosse - -

Impériale comme toujours, Lucie Décosse a ciselé un septième titre dans le Tournoi de Paris ce dimanche. Sept, un record qui reste anecdotique pour la Guyanaise qui n’en finit plus de planer sur sa catégorie des moins de 70 kilos.

« Maintenant je vais téléphoner à ma sœur. Elle va me dire ‘Lucie t’es la meilleure, t’es une championne’. Mais vous savez, ce record n’est pas pour moi. Il est pour mes parents. » Les tournois, Lucie Décosse en a remporté 15 dans sa carrière dont 7 à Paris. Son cœur ne bat plus que pour les titres et surtout le titre olympique qui manque à cet itinéraire quasi-parfait. « J’ai gagné en sérénité avec ce titre mondial à Tokyo. Je dois être celle qui prend tout et ne laisse rien aux autres. Après ça , il manque un truc, le titre olympique, et c’est ce titre qui changera tout. » Alors, pensez, devenir la judoka la plus titrée dans l’histoire du rende z-vous avec 7 titres ne l’émeut pas plus que ça : « La première fois que je l’ai gagné c’était terrible (en 2001). Aujourd’hui , ce n’est plus pareil. Mais Bercy c’est vraiment bien . Ca va me manquer quand j’arrêterai » avoue-telle avant d’ajouter qu’elle a ressenti une légère boule au ventre en arrivant au POPB. Un ascenseur émotionnel qui lui servira pour les championnats du monde en août. L’arrêt, ce sera après Londres 2012, quel que soit le métal.

Le mental des tueuses

Ce dimanche, elle a ventilé la concurrence avec notamment une finale expédiée en 56 secondes. Depuis un an, elle est seule sur sa planète. Personne n’est sorti victorieux du tatami contre elle depuis janvier 2010. Les prétendantes n’ont pas le coffre pour résister à celle qui a gagné une confiance nouvelle. Celle des tueuses : « Maintenant j’ai gagné en sérénité avec ce titre mondial à Tokyo. Pour les prochaines échéances, je dois être celle qui prend tout et ne laisse rien aux autres. » Jusqu’aux Mondiaux, elle ne va pratiquement pas faire de compétition pour ne pas s’entamer ou prendre le risque d’enrayer sa mécanique de précision. En revanche, elle va se mettre à la planche avec trois semaines de stage au Japon au mois de mars. Paris 2011 puis Londres 2012 pour terminer avec trois ors mondiaux et un olympique. Un défi largement envisageable vu comment la concurrence a pris deux métros de retard. Paris c’est demain, Lucie est déjà prête.

Morgan Maury