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Phénoménal Riner !

Teddy Riner

Teddy Riner - -

Le Français Teddy Riner a décroché son premier titre de champion olympique ce vendredi à Londres. Surpuissant, il a battu en finale des +100 kg le Russe Alexander Mikhaylin. A 23 ans, il entre dans la légende du judo français.

Un coin de France à Londres. Des drapeaux bleu-blanc-rouge, des cris, des encouragements. C’était « Bercy sur Tamise », ce vendredi au dojo olympique. Une magnifique scène pour le triomphe de Teddy Riner. Il était venu pour l’or, il repart avec l’or. A 23 ans, le Français, seul quintuple champion du monde des +100 kg, est monté sur l’unique marche qui lui résistait encore. Quatre ans après sa médaille de bronze frustrante à Pékin, c’est de l’or que le Français a conquis dans ces Jeux Olympiques 2012, grâce à un dernier combat maîtrisé face à son meilleur ennemi, le Russe Alexander Mikhaylin, champion d’Europe en titre. L’or, attendu plus qu’espéré au regard du statut de grandissime favori du Guadeloupéen, est la consécration d’une carrière déjà fabuleuse.

Un jour J, avec cinq combats, que le Français a traversé sans crainte. « Il n’a jamais été mis en danger, savoure Jean-Luc Rougé, le président de la Fédération Française. Il voulait ramener cette médaille d’or et rien d’autre. Il avait une pression qui montait depuis de nombreux mois. Il a su être au rendez-vous. C’est très fort. » Avec pour seule stratégie, la gagne à tout prix. « On n’était pas là pour faire des démonstrations, explique son entraîneur Benoît Campargue. C’était l’efficacité avant tout. L’important, c’est le résultat. » Il est extraordinaire. Il valait bien une petite bise sur une chaussure dorée, dénichée par son coach. « C’est un pari avec Madame Riner, sourit ce dernier. Pour la cravate et les chaussures, je lui ai demandé quelle couleur elle préférait que je mette. Elle a choisi l’or. Le contraire aurait été étonnant ! »

Son père : « Ce n’est pas un extraterrestre »

C’était la couleur et le métal dont rêvait le Guadeloupéen, colosse de 2m04 et 130 kg. Et la deuxième médaille d’or du judo français à Londres, après celle de Lucie Décosse (-70 kg), est une récompense amplement méritée tant au fil des tours, les adversaires de Teddy Riner ont hésité entre prudence exagérée et résignation évidente. Pour le clan tricolore, cette 7e médaille permet d’égaler le record de Barcelone 1992. Il y a 20 ans, un certain David Douillet repartait de Catalogne avec du bronze. Puis régnait sur Atlanta (1996) et Sydney (2000). C’est aujourd’hui l’un des seuls repères que Teddy Riner a encore dans le viseur quand il lève sa tête vers les records de son sport. Ira-t-il à Rio pour défendre son titre et entrer un peu plus dans la légende ? Consentira-t-il à renouveler ses efforts ?

« S’il faut refaire quatre ans comme cela, je le referai », annonce-t-il déjà, prêt à repartir à l’entraînement, à s’améliorer encore et encore. « Tout le monde dit qu’il est grand, qu’il est fort, mais je voudrais qu’on bannisse ce genre de propos, tonne son père, Moïse, qui combat l’image du surdoué. Il n’est pas grand, il n’est pas fort. Il est grand parce qu’il s’est développé, parce que ses parents sont grands. Et il est fort parce qu’il travaille. Parce que quand il est en train de baver sur un stage, personne ne le voit. Ce n’est pas un extraterrestre. Il travaille sérieusement, il travaille durement. Mais il n’est pas imbattable, pas du tout. Il est fait de chair, de sang. Et si les gens comprennent ça, ils auront tout compris. » La sueur s’est changée en or ce 3 août 2012.

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Toutes les réactions|||

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LP avec MM et PDo