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Riner : «Avec Sakho, on vit notre vie de jeunes»

Teddy Riner est un fan de cartoons

Teddy Riner est un fan de cartoons - -

Bercy, c'est la maison de Teddy Riner. Avant le Tournoi de Paris où il tentera de conquérir un quatrième titre, le Guadeloupéen s'est confié comme jamais. La star du judo français évoque tous les sujets. Notamment son amitié avec le défenseur du PSG. Entretien jubilatoire.

Teddy Riner, que représente pour vous le Tournoi de Paris ?

Ce n’est pas le fait de gagner, c’est d’être devant le public de Paris. Il n’y a pas mieux. Je me sens à la maison, je me sens bien. C’est pour ça que je me sens pousser des ailes à chaque fois. Le public te porte et te permet de te transcender. Si tu es à 50%, il te permet de te retrouver à 100%. Même les Japonais ne sont pas comme ça derrière leurs favoris. Lors des Mondiaux de Tokyo, il n’y avait pas l’ambiance qu’on peut retrouver à Paris.

Etes-vous remis de votre défaite à la décision des arbitres en finale de l’épreuve toutes catégories des championnats du monde en septembre à Tokyo ?

Je m’en suis très bien remis. Cela m’a permis de retravailler, de chercher encore à progresser, de trouver de nouvelles attaques. Je suis très content que cela me soit arrivé à Tokyo. J’espère que cela ne m’arrivera pas aux Mondiaux de Paris et aux Jeux olympiques de Londres.

On vous a vu pleurer. C’est rare…

Derrière le judoka, il y a un homme, un athlète qui a des rêves et des ambitions comme tout le monde. Lorsqu’il ne les atteint pas, ça donne ça.

Vos rêves se portent vers les JO de Londres…

C’est l’un de mes grands rêves. Mais avant ça, il y a beaucoup d’étapes. Il y a les championnats du monde à Paris en août prochain. Il ne faudra pas les louper.

Quelles sont vos passions à part le judo ?

J’aime tous les sports, je suis très sportif. Dès que je peux, je n’hésite pas à goûter à un autre sport. Quand j’ai le temps, ça se passe plutôt sur la mer. Je fais du bateau, du quad, du jet-ski, un peu tout ça…

Vous êtes aussi un grand fan de foot et du PSG.

Partout, dès que je peux, je joue. Même dans la maison. Ça fait longtemps que nous, supporters du PSG, attendions un grand Paris. La dernière grande équipe de Paris date de Ronaldinho. Là, on a vraiment une belle équipe et qui tient son rang.

Qui sont vos amis dans le sport ?

Le sport est une grande famille. A Paris, j’ai mon pote Mamadou Sakho. Il a fait d’énormes progrès. Dès qu’on a un moment, on échange, on va au restau, on vit notre vie de jeunes.

A part le judo, qu’aimez-vous ?

Tous les matins, avant d’aller à l’entraînement, je me mets devant les dessins animés avec mon bol de corn flakes, mon pain et mes tartines. Cet après-midi, j’étais encore avec mon oncle et on regardait des cartoons, des Tom et Jerry. Il n’y a pas d’âge pour ça. Dans mon armoire, j’ai tous les Walt Disney, Shrek, les films de Bruce Willis et aussi une belle collection de films de Louis de Funès. Lui, c’est respect !

Romy Schneider ne vous laisserait pas indifférent…

C’est incontournable avec la maman que j’ai à la maison. Sissi l’impératrice, j’y ai eu droit.

Et niveau musique ?

J’écoute de tout. Mon frère m’aide à choisir. J’écoute du Sardou, il m’arrive d’écouter du Céline Dion, du rap, de la dancehall. Mon petit zouk, c’est très important aussi. Mon casque, c’est ma bulle, ma façon de me concentrer durant les compétitions.

Comment avez-vous vécu ce qui s’est passé avec l’équipe de France de football en Afrique du Sud ? Avez-vous été choqué ?

Un peu. On attendait beaucoup de l’équipe de France car on avait de belles individualités. Mais pour réussir, il fallait qu’ils se connaissent mieux. On a été tous choqués par rapport à les proportions prises par les choses.

Leur comportement n’a pas été celui de sportifs exemplaires…

(Il coupe) On ne sait pas. Je ne critique personne car je n’y étais pas. On peut écrire ce qu’on veut. Je suis comme Saint-Thomas. Je ne crois que ce que je vois (rires). Je ne donne pas mon point de vue. On doit tous être derrière l’équipe de France.

Qu’imaginez-vous pour votre après-carrière ?

J’aurai ma femme et mes enfants, un petit coin de paradis. Je ne me vois pas avoir de patron. Le peu que je gagne maintenant je le mets de côté pour plus tard. Je voudrais m’ouvrir. Etre un peu dans le sport, un peu dans l’immobilier, le commerce...

Frédérique Jossinet, une de vos partenaires en équipe de France, a participé à Koh-Lanta. La téléréalité vous tente-t-elle ?

Peut-être après la carrière. Ce seront peut-être des choses que je pourrais me permettre. Mais pour l’instant, ce serait s’éloigner un peu trop du sport.

Propos recueillis par Antoine Arlot