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Riner: "Faire en sorte que mes adversaires soient marqués"

Teddy Riner

Teddy Riner - AFP

Alors qu’il visera un huitième titre lors des Mondiaux à Astana (Kazakhstan) du 24 au 30 août, Teddy Riner s’est exprimé sur RMC Sport ce lundi. La star du judo français, ultra favorite, est confiante, mais a conscience qu’une défaite est toujours possible.

Sa préparation physique

« C’est un peu particulier cette saison, j’ai eu plusieurs pépins. J’ai pris un peu de retard, que j’ai rattrapé. Il n’y a pas beaucoup de nouveauté, juste de l’amélioration dans certaines techniques. On a travaillé la vitesse de jambes notamment, un peu tout. Lorsqu’on revient de blessure, le judo et certains aspects techniques se font un peu oublier. Mais ça a bien été rattrapé. »

Ses blessures à répétition

« Je ne pars jamais avec 100 % de certitudes, je pars toujours avec ma confiance. C’est vrai que toutes ces blessures restent dans un coin de ma tête. Ça entame toute ma saison. Mais il faut foncer et tourner la page. Maintenant, tout est réglé. Je vais pouvoir faire le championnat sans pépin. Il faut apprendre de ses blessures, savoir écouter son corps. Je commence à vieillir, j’ai 26 ans… »

Son organisation de jeune papa

« Ce n’était pas comme ça avant. Depuis que je suis à nouveau papa, il faut s’organiser, il faut faire les choses autrement. Ça me permet d’avoir plus de clairvoyance. Depuis deux ans, je pars en dernier pour rejoindre l’équipe. C’est quelque chose qui me convient, parce que deux semaines à attendre, voir les autres, ça peut être crevant, fatigant. Quand l’entraînement est organisé, quand tout l’est, on gagne du temps, on va vers la performance, le haut niveau. Il faut savoir pourquoi on fait tel exercice, tel entraînement. »

Ses objectifs à Astana

« Un huitième titre, ça me botte, ça me fait envie. Je pense beaucoup à cet événement, à cette médaille. Ça arrive à point nommé, un an avant les Jeux. C’est important pour moi de marquer mon territoire, de dire aux adversaires : « Ce sera pour moi, pas pour vous ». Je n’y vais pas pour me régler, j’y vais pour chercher une médaille, un titre. On se réglera sur d’autres tournois ou d’autres entraînements. Ce n’est pas le moment de régler quoi que ce soit. J’ai envie de tendre vers la perfection, vers l’invincibilité. Je travaille dans ce sens. Quoi qu’il arrive sur un combat, il faut trouver la solution. Si cela ne marche pas en finesse, il faut une parade. »

Son record de titres dans le viseur

« Etre le seul recordman, devant la Japonaise Ryoko Tamura (7 médailles), ça compte. Il faut laisser le temps au temps, et arriver concentré pour le Jour J. Mais bien sûr que ça me ferait plaisir de marquer l’histoire de mon sport, de détenir le record. Ça ne me perturbe pas, j’aime les défis, les relever. Le sport, c’est du challenge. Le tout, c’est de se faire plaisir. »

Son évolution de judoka

« Par rapport à mes premiers Mondiaux, je suis toujours le même. Simplement, avec d’autres armes. Aujourd’hui, j’ai plus de judo, j’ai pris plus en corpulence, je suis un peu plus intelligent dans la tête, sur le plan tactique. J’ai grandi, ce n’est pas le même Teddy. La même personnalité, mais qui a grandi. Je me remets en question, je ne me repose pas sur mes lauriers C’est important de se dire que les adversaires sont là, que l’on peut perdre à tout moment. Tout est aléatoire, même les plus grands champions ont perdu. »

Une concurrence à prendre au sérieux

« Ce n’est pas comme si je n’avais jamais vu. Il y a toujours eu des jeunes et des anciens qui ont pu me concurrencer. C’est la compétition, il y a un gagnant et un perdant. La défaite, je m’y attends tout le temps, il faut toujours la garder dans un coin de la tête. Le sport c’est aléatoire. Pour l’instant, je suis encore là, et je compte bien y rester. A un an des Jeux, je vois des têtes sortir, j’ai l’impression que ce championnat va être très relevé, que ça va être une belle guerre. Il y a le Japonais, le Russe, le Coréen, le Hongrois, le Tunisien. C’est important de ne pas les sous-estimer. »

La possibilité de voir émerger un nouveau Riner

« C’est possible, après il n’y a qu’un seul Riner. Il y a peut-être plus fort que Riner. Mais moi c’est Teddy Riner, les autres, ce sont les autres. A eux de se montrer, d’être plus fort que moi. Mais je ne me laisserais pas faire. Je vais faire en sorte que mes adversaires soient marqués, et bien marqués. »

Son poids de forme

« C’est un défaut pour moi de grossir. Je fais super attention en vue des compétitions d’être à un poids qui me permet d’être toujours aussi dynamique et rapide sur mes jambes. Je serai en dessous de 140 kg pour les championnats du monde, à 138-139 environ. Il faut faire attention, après les Jeux de Londres (2012), j’étais monté à 155 kg. Pour l’alimentation, c’est un peu de féculents, un peu de légumes, et on varie les viandes. Il faut éviter les grignotages, les excès d’huile. »

Un pays à découvrir

« Ce que je connais du Kazakhstan, c’est le Kazakh de Bakou, Alain Schmidt. Après, je n’ai pas encore vu les photos, je vais découvrir ce pays, et de toute façon j’aurai du temps pour le faire. Je sais qu’il y a du gaz et du pétrole, économiquement parlant, je sais aussi que ils ont rebaptisé une capitale, c’est tout. Maintenant, il n’y a plus qu’à découvrir. »

Sur son avenir en club

« Je suis toujours à Levallois, j’ai signé jusqu’en 2018. Pour l’instant j’ai un très bon entraîneur, un très bon sparring, je ne compte pas bouger. C’est vrai que je suis un enfant du PSG Judo, j’avais ma licence quand j’étais petit. Mais pour l’instant il n’y a rien du tout. Je suis toujours à Levallois, et je suis content d’y être. Après, si le projet se montait… la question n’est pas encore d’actualité. J’ai toujours été un enfant de ce club, ce serait bon si le PSG se remontait, mais j’ai mes attaches à Levallois aussi. Pour l’instant rien n’est fait. »