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Riner, l’or sinon rien

Teddy Riner

Teddy Riner - -

Ultra-favori en +100 kg, Teddy Riner doit être sacré champion olympique ce vendredi à Londres. Tout autre résultat, quatre ans après sa médaille de bronze à Pékin, serait vécu par le Français comme un échec.

Vendredi 15 août 2008. Teddy Riner, champion du monde et d’Europe en titre, phénomène déjà lancé à seulement 19 ans, chute. Ne repart de Pékin qu’avec une médaille de bronze. Vendredi 3 août 2012. Près de quatre ans plus tard, le colosse du judo français, entré dans l’histoire de son sport avec quatre couronnes mondiales supplémentaires, veut réparer la seule petite faute de son immense palmarès. Ce sera son jour, son moment, son rendez-vous. En +100 kg, rien ni personne ne doit lui résister. Et cette fois, l’or ne peut lui échapper. « Je sens qu’il me tend les bras, confie-t-il. Mais il faut être concentré, être prêt le jour J. Pas avant, pas après. Ça fait quatre ans. Je le touche du bout des doigts. J’ai envie de goûter à l’or olympique, de réaliser un rêve de gamin. »

« C’est avec une grosse volonté et un désir de revanche qu’il va aller chercher cette médaille, est persuadé son entraîneur, Benoît Campargue. Même s’il n’a que 22 ans, c’est aujourd’hui un homme d’expérience. Il a été marqué au fer rouge par sa défaite pour ses premiers Jeux Olympiques. » A partir de 10h30 (heure française) ce vendredi matin, Teddy Riner sera donc en mission. Sa première victime devrait être le Polonais Janusz Wojnarowicz, 170 kg sur la balance, 40 de plus que le Français, et la dernière, peut-être le Russe Alexander Mikhaylin, concurrent numéro 1. « Peu importe celui qui sera sur mon chemin, il faudra que je le batte, prévient-il. La déception de Pékin m’a permis d’avancer, d’avoir une plus grosse palette technique, d’avoir une plus grosse confiance en moi. »

Onesta est impressionné, Parker est fan

Le risque est pourtant présent. Et si Teddy Riner était trop sûr de lui ou rattrapé par l’enjeu au moment de monter sur le tatami ? « Il ne stresse pas, contrairement à beaucoup d’athlètes, souligne Jean-Luc Rougé, le président de la Fédération française. Les JO, c’est quand même particulier. J’espère qu’il le gèrera bien mais il en est capable. Il a un objectif, et il ne pense qu’à ça, c’est gagner. Il est sûr de lui. J’espère que ça se passera bien. Il le pense et j’ai tendance à lui faire confiance. » « J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour préparer cet évènement » confirme Teddy Riner. En Guadeloupe, où il est né, à Levallois, où il est licencié, et dans toute la France, c’est une finale, cinq minutes de doux supplice et une joie libératrice qui sont attendues.

Un programme que ne manqueraient pour rien au monde quelques stars de la délégation française. A l’Excel, Teddy Riner sera soutenu, entre autres, par Tony Parker, qui a réservé sa place. « Toute la France sera derrière lui et je serai son premier supporter ». Quant à Claude Onesta, le sélectionneur des handballeurs français, il a peur pour les adversaires de Teddy Riner. « Je l’ai vu s’entrainer dans le parking souterrain de notre immeuble, raconte-t-il. C’est impressionnant. C’est une drôle de bestiole, un type costaud, énorme. Tu préfères que ce soit ses adversaires qui se retrouvent dans ses mains que toi ! » Le scénario est cousu d’or. Cinq combats, cinq victoires et il deviendra un mythe du judo, du sport français. Allez Teddy !

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Son entraîneur craint l’arbitrage |||

« Techniquement, c’est le plus fort, explique l’entraîneur de Teddy Riner, Benoît Campargue. Physiquement, ce n’est pas le plus lourd mais c’est le plus athlétique. Avec son judo explosif, il faut être un athlète. C’est ce qui fait la différence. C’est le meilleur. Mais les JO, c’est une autre compétition. Il y aura cinq matchs au maximum. Ce sera tour par tour. Face à Teddy, on va beaucoup travailler en contre. On va essayer de le piéger et éventuellement aussi sur de l’arbitrage. Les adversaires vont le provoquer. Il le sait. Je crois qu’il faut être lucide à chaque instant pour aller au bout. Il sait que la médaille d’or n’est jamais acquise à l’avance. C’est une force supplémentaire pour lui. » Comme si Teddy Riner n’en avait pas assez…

LP avec GQ et J.Ri.