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Riner : « Les défaites, je ne connais pas »

Teddy Riner

Teddy Riner - -

Absent de la scène des championnats d’Europe depuis son titre en 2007, Teddy Riner fait son come-back dans cette compétition, samedi à Istanbul, après seulement 15 jours de préparation. L’ogre du judo français (+100kg) veut se servir de ce championnat comme d’un tremplin vers les championnats du monde à Paris (23 au 28 août) et les Jeux olympiques.

Teddy Riner, que peuvent-vous apporter ces championnats d’Europe ?

Un titre de plus. Ces championnats feront énormément de bien. Ils vont surtout servir à se régler avant les championnats du monde et les Jeux Olympiques de Londres.

Avec quatre titres mondiaux, qu’est ce qui vous pousse à continuer ?

La motivation qui me fait lever tous les matins, c'est l'or olympique, d'avoir faim de médailles, avoir envie d'aller à l'entraînement pour ramener des titres. Se mettre dans le rouge.

Ces championnats ont-ils une réelle valeur à vos yeux ?

C’est une étape pour les Jeux mais ça reste un championnat relevé où il y aura énormément d'Européens qui ont le niveau. Ils seront en travers de mon chemin et il faudra répondre présent.

Les Européens sont-ils plus dangereux que les Japonais ?

La scène internationale est très relevée. Quand on voit l'Allemand Toelzer (forfait), l'Estonien Padar, les Russes, tout le monde est présent. Tout le monde n'a qu'une envie : ramener des médailles et être prêt pour les Jeux. Je trouve que les meilleurs sont en Europe.

Pourquoi avoir décidé de les disputer après avoir fait l’impasse depuis 2007 ?

J'ai décidé de faire les championnats d'Europe parce qu'on approche des Jeux et que les Mondiaux sont proches. Il faut prendre les meilleurs, il faut revenir sur la scène internationale. Cela va permettre de faire des réglages. Les Jeux vont arriver très vite et je ne veux pas me tromper d'objectif.

Est-ce que c’est compliqué d’être l’homme à battre ?

Ils sont tous derrière moi mais dans ma tête, chaque fois que je monte sur le tapis, je remets les compteurs à zéro. Je n'ai pas de médaille, c'est un nouveau championnat. Je me donne à fond. Je ne me dis rien et je ne pense pas que je suis l'homme à abattre.

Est-ce que votre défaite en finale des championnats du monde toutes catégories, a changé quelque chose ?

Ça m'a permis d'avancer dans la tête car il fallait se remettre en question. Savoir pourquoi c'était arrivé. Cela m'a permis de travailler mon judo, des types de combattant où la solution est difficile à trouver. Je préfère que cela me soit arrivé à Tokyo parce que ça ne m'arrivera pas deux fois ni trois fois

Est-ce un bien pour un mal ?

J'ai beaucoup appris de mes défaites et ça m'a permis de revenir tout en haut en travaillant d'autres choses. C'était une défaite où il peut y avoir contestation. C'est passé, j'ai pris ma revanche mais ça ne me rends pas ce titre. Je n'oublie pas que j'ai perdu ce titre de cette manière, sur une décision litigieuse. J'ai appris que je ne laisserai pas les autres décider pour moi.

Une défaite est-elle envisageable ?

Les défaites, je ne connais pas (rires). Si je dois perdre, ça me permettra de travailler encore plus et d'être encore plus prêt pour les Mondiaux et les Jeux. Dans la tête, j'ai envie, mais je n'aime pas perdre. Même si je ne suis pas bien, il y a la fierté qui va faire que le travail va être réalisé.

Propos recueillis par Rémi Perrot