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Riner : « Ma tête va exploser ! »

Teddy Riner

Teddy Riner - -

Deux mois et demi avant de briguer un sixième titre mondial à Rio (26 août-1er septembre), Teddy Riner fait la grimace. Souffrant d’une pubalgie, le champion olympique est à l’arrêt depuis l’Euro, fin avril. Le temps presse et l’impatience commence à gagner le géant français.

Teddy, ressentez-vous de la pression avant ces Championnats du monde ?

Non. Aujourd’hui, j’ai tout gagné, donc j’ai mis la pression de côté. Il me manquait seulement le titre olympique et c’est désormais chose faite. Quand je suis revenu sur les tatamis, j’ai clairement annoncé que je voulais marquer l’histoire de mon sport en engrangeant le plus de médailles. Je viens chercher la plus belle à ces championnats du monde de Rio. C’est là-bas que j’ai conquis mon premier titre (l’or mondial en 2007, à seulement 18 ans, ndlr) au début d’une olympiade. Là, on recommande une olympiade qui va encore mener à Rio en 2016. C’est à moi de bosser en conséquence et de faire ce qu’il faut pour battre les meilleurs et aller chercher ces médailles.

Avez-vous encore des adversaires à votre taille ?

Les médailles parlent pour moi. Le problème, c’est qu’on se fait critiquer quand on ne gagne pas et quand on gagne trop… Les adversaires sont là et je ne me repose pas sur mes lauriers. Je suis toujours en train de me demander comment faire la différence, en fonction de chacun. La concurrence est bien présente. Mais je suis quelqu’un d’orgueilleux, qui n’aime pas perdre et quand je monte sur le tatami, c’est pour manger mes adversaires. J’aime aussi gagner avec la manière parce que j’ai la possibilité de le faire.

Quel sera votre programme jusqu’au mois d’août ?

C’est encore loin, mais c’est tout près. Je ne me suis pas entraîné depuis les Europe (Riner a décroché son troisième titre continental le 27 avril dernier), donc ça commence à faire « ding, ding, dong » dans ma tête. Je ne fais que des bilans médicaux, des soins. Pour un sportif comme moi, qui aime s’entraîner et avoir du kimono dans les mains, ça me fait me poser des questions. Je ne sais même plus comment faire une technique ! Vous savez, ça part vite. Mes sensations ne sont plus là. J’attends que les médecins me donnent le feu pour monter sur le tatami parce que ma tête ne va pas tarder à exploser.

« J’ai été choqué »

La blessure vous hante-t-elle ?

Bien sûr, c’est la hantise de tous les sportifs. C’est ce que je déteste et c’est la deuxième fois que ça m’arrive avant un Championnat du monde. Je vais me battre pour retrouver mon niveau et ma condition physique au plus vite. C’est angoissant parce que j’espère que ça ne va pas « péter » pendant la préparation. Je compte sur mon corps pour arriver à subir tout ça. L’IRM et l’échographie d’hier (lundi) ont montré qu’il y avait une belle amélioration et qu’il restait seulement un petit œdème. Mais il faut le résorber, en deux semaines maximum j’espère. Après, je suis prêt à cravacher !

Vous avez déclaré ce week-end avoir été victime de discrimination dans un bar parisien. Que s’est-il passé ?

Je me suis expliqué sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce n’est pas le sujet. Je voulais juste faire part de ce que j’ai ressenti. J’ai été choqué. Je n’ai pas compris pourquoi ça m’est arrivé, voilà.

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Propos recueillis par Nicolas Paolorsi