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Tournoi de Paris : Riner, l’exercice du pouvoir

Teddy Riner

Teddy Riner - -

De retour à la compétition pour la première fois depuis son titre olympique, Teddy Riner s’est imposé dimanche au Tournoi de Paris, pour la sixième fois consécutive, en se défaisant sur ippon du Coréen Sung-Min Kim.

Teddy Riner avait pourtant prévenu. Il débarquait à Bercy à 65-70% de ses moyens. Quatre combats et un nouveau sacre parisien plus tard, son sixième, ce constat peut faire froid dans le dos de ses adversaires. Ryu Schichinohe, défait en onze petites secondes en quart de finale, pourra notamment confirmer que 70% du quintuple champion du monde, c’est déjà trop. Beaucoup trop. Le Coréen Kim, sa victime en finale, renversé sur la première véritable attaque du colosse français, également. Pour sa première sortie depuis son sacre olympique, Riner n’a donc pas déçu. Malgré quatre mois de vacances qui l’ont nanti d’une vingtaine de kilos superflus, le chouchou de Bercy n’a pas traîné pour renouer avec ses très bonnes habitudes.

« J’ai l’impression de revenir de loin, explique l’ogre Teddy. J’étais en cadet la dernière fois que je me suis arrêté si longtemps. J’ai pris beaucoup de poids et j’en ai encore la moitié à perdre. Mais devant un public pareil, même sans être au top, je n’avais pas le droit de ne pas gagner. » Altruiste, il remerciera d’ailleurs les 13 000 spectateurs en se fendant d’un petit bain de foule, dans une ambiance surchauffée. Ce tournoi devait lui permettre de se situer. Par rapport à lui. Par rapport à ses adversaires. C’est chose faite. Malgré le break, il est au top. Comme toujours.

Riner : « J’évolue encore »

« J’ai pu aller chercher les meilleurs qui sont aujourd’hui sur le circuit, se félicite le Français. J’avais vraiment en tête de prendre Kim. Depuis les Jeux, il s’impose partout. Ça n’a pas loupé, j’ai senti dans ses mains, dans sa rapidité, dans ses techniques, qu’il était plus agressif, qu’il avait grandi, qu’il avait mûri dans son judo. C’était important pour moi de prendre les meilleurs et je sais à quoi m’attendre pour les prochaines échéances (les championnats d’Europe, en avril et du monde, en août, ndlr). » A 23 ans, Riner a tout gagné. Et gagne encore... Mais de lassitude, il n’est toujours pas question. « J’ai encore envie de gagner, de mettre des ippons. Le plaisir, il est là aujourd’hui ».

Au moment d’évoquer son ippon supersonique en quart de finale, ses yeux s’allument : « Il fallait que je me débrouille pour le remettre en place. Je reviens sur la scène internationale, on me dit qu’il y a un Japonais qui vient me chercher à Paris. 11 secondes, voilà… » Et de poursuivre : « Aujourd’hui j’ai une base de données pour savoir ce que je vais devoir bosser les prochaines semaines ». N’en déplaise à ses adversaires, Riner a beau être au sommet, il progresse encore. « Je sais ce que je dois améliorer, où je dois être plus agressif et plus précis. Depuis que je suis revenu, on a travaillé pas mal de petites techniques qui ont porté leur fruit aujourd’hui. J’évolue encore et encore, et ce n’est pas fini... » Ça promet…

Alexis Toledano avec Rodolphe Massé