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Ugo parmi les grands

Ugo Legrand, programmé pour les Jeux

Ugo Legrand, programmé pour les Jeux - -

A 22 ans, le Normand dispute son premier Masters, ce week-end à Almaty au Kazakhstan. Médaillé de bronze (-73 kg) aux derniers Mondiaux, il est, avec Teddy Riner, l’homme en forme du judo tricolore. Programmé pour les Jeux.

Ugo Legrand ne fait pas des réponses de Normand. Quand on lui demande de formuler ses vœux en ce début d’année olympique, le natif de Grand-Quevilly, dans la banlieue rouennaise, va droit au but : « L’or, une médaille d’or à Londres. » Une évidence pour ce jeune homme, 10e au classement mondial dans la catégorie des -73 kg, 3e aux Mondiaux de Paris en 2010, après avoir écrasé les sélections juniors et espoirs entre 2008 et 2009… « Je fais du judo pour ça depuis tout petit », lâche cet enfant du bocage.
Depuis l’âge de 3 ans exactement, sur le dojo de Grand-Quevilly, tenu par le grand-père Francis. Il y a eu aussi le papa, Rodolphe, international contrarié par une blessure alors qu’il touchait le zénith. Deux générations plus tôt, il y a même eu l’arrière-grand père, vice-champion du champion de gréco-romaine (en 1928). « J’aime aller à l’entraînement, rien ne m’y fait aller à reculons ». Atavisme. Ouverture, aussi, grâce à ce grand-père qui accueille les équipes africaines ou de la Mongolie dans sa Normandie verdoyante. « Ma famille est bien, ce sont des gens tolérants. Y compris avec moi, ils me laissent faire mon truc. »

Legrand, c’est aussi un style. Pur, dit-on dans le milieu qui le compare déjà à un Japonais blanc. Le Français se tient droit, varie les prises, bon technicien au sol, modeste dans la victoire. Le fruit d’un travail entamé à Grand-Quevilly, puis perpétué à l’US Orléans qu’il rejoint à 17 ans. Dans la vallée des rois, son talent est peaufiné par Daniel Fernandes, ancien vice-champion du monde chez les -73 kg. Adepte du beau geste, et de la belle tenue. Quand il arrivé à l’INSEP, le patron du judo masculin, Benoit Campargue, disait du Normand qu’il avait la « même marge de progression que Teddy Riner », son illustre coéquipier en toutes catégories. Le front haut, l’estime de soi en bandoulière. Un jour de 2011, le champion du monde coréen Ki-chun Wang le refuse lors d’un stage à Séoul. Faut dire qu’un an plus tôt aux Mondiaux de Tokyo, Wang avait battu Legrand en finale de tableau. En 2011, le « petit Français » envoie son adversaire au sol par ippon après 15 secondes de combat… « J’avais gardé en tête la petite anecdote du stage », a-t-il avoué après coup.

« Je veux prendre les meilleurs avant les Jeux »

Homme fort du judo français avec Riner, Legrand débarque au Masters pour affronter le gratin du judo mondial (le top 16 de chaque catégorie). En Asie centrale, il ira défier les meilleurs. « C’est la plus grosse compétition en tournois (400 points), j’y vais pour l’or, je veux prendre Nakaya ou Akimoto avant les Jeux. » Nakaya, le champion du monde nippon en titre (Akimoto l’a précédé en 2010), c’est son pote Benjamin Darbelet qui aura « le privilège » de se l’offrir d’entrée… Legrand, prime au classement, affrontera le Polonais Tomasz Adamiec. « J’ai confiance en mon judo. » On voit mal ce qui pourrait détourner le Normand de Londres, mais surtout de Rio 2016, pour lequel il se dit lui-même « programmé. »