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Agnel et Muffat à l’heure des choix

Yannick Agnel

Yannick Agnel - -

A un peu plus de six mois des Mondiaux de Barcelone, Yannick Agnel et Camille Muffat réfléchissent aux distances sur lesquelles ils s’aligneront. Selon les deux Niçois, la tendance est à la continuité. Pour le moment…

Toutes les idées sont bonnes à prendre. Surtout lorsqu’elles viennent de Ian Thorpe. Quintuple champion olympique, l’Australien a récemment conseillé à Yannick Agnel de tenter l’aventure sur le 400m après son record du monde en petit bassin (3’32’’25). Une idée qui fait son chemin dans l’esprit du Niçois, qui a jusqu’alors fait ses preuves sur 100m et 200m. Mais le double champion olympique cet été à Londres (200m et 4x100m) ne semble pas encore prêt à franchir le pas. « Sur le 400m, il y a pas mal de monde. J’ai eu le temps d’y réfléchir, je pense qu’on va plutôt se baser sur le programme de Londres, indique-t-il. Faire les trois courses à la fois, ça me paraît assez compliqué. »

Si le 200m reste la chasse gardée du natif de Nîmes, il ne compte pas non plus laisser de côté le 100m, distance avec laquelle il a un compte à régler après sa 4e place en finale des Jeux de Londres. « Je n’ai pas encore accompli ce qui me satisferait. J’aime bien quand les choses sont bien achevées. Je n’ai pas encore de titre mondial sur 100m ou 200m », explique-t-il. Mais, à seulement 20 ans, le Niçois peut déjà se projeter sur le 400m. A plus ou moins long terme. « Ça ne veut pas dire que je ne ferai pas de 400m dans l’année, tempère-t-il. J’ai bien envie de faire un bon temps sur 400m et de voir ce que je peux donner. »

Muffat : « Ne pas laisser le 400m à quelqu’un d’autre »

Pour Camille Muffat, sa collègue d’entraînement à Nice, l’équation est plus simple. Sacrée à Londres sur 400m, elle ne compte pas lâcher son trône. « Même s’il y a deux ou trois ans, le 400m n’était pas ma tasse de thé, je suis un peu obligée d’avouer qu’aujourd’hui, j’aime ça. J’ai été la meilleure et je pense toujours l’être, donc il n’y a vraiment pas de raison de le laisser à quelqu’un d’autre », prévient-elle. Avant d’ajouter, toujours aussi ambitieuse : « J’ai plus à prouver et à travailler sur le 200m et c’est un challenge intéressant à mon niveau. Je vais travailler sur mes acquis et mes points faibles ».

Fabrice Pellerin, entraîneur de l’Olympic Nice Natation, tient le même discours que ses protégés, préférant qu’ils ne se dispersent pas. « Le cumul des épreuves est très difficile sur le crawl », analyse-t-il. Et de préciser, concernant Agnel : « Il faudrait décider de la préparation du 400m et renoncer au reste ». Tout paraît donc acté pour les deux chefs de file de la natation tricolore en vue des Mondiaux de Barcelone (28 juillet-4 août). A moins que… « Il s’agit d’aller plus loin dans l’exercice de sondage pour voir sur quelles épreuves ils ont envie de gagner les championnats du monde à Barcelone, confie Pellerin. Je m’accorde le mois de janvier pour procéder à cette investigation finale. »

Alexandre Alain avec Julien Richard, à Sarcelles