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Agnel : « Je ne regrette rien »

Yannick Agnel

Yannick Agnel - -

Pas de nouvelle médaille et pas d’exploit pour Yannick Agnel, ce mercredi, en finale du 100 m nage libre. Le Niçois, un peu déçu, assure ne pas avoir de regrets lui qui, un peu émoussé par ses efforts répétés, a tout donné.

Yannick, dans quel état d’esprit êtes-vous après avoir échoué à seulement 4 centièmes du podium.

Je suis un peu frustré, un peu déçu. Je suis tombé sur plus fort que moi ce soir. Je les félicite. Ce qui a manqué ? Je ne sais pas. C’est un peu trop tôt pour être dans l’analyse. Je n’ai pas assez de recul pour faire un retour. Je pense que je fais un premier 50 m qui n’était pas assez rapide. J’ai essayé vraiment, pourtant, de donner mon maximum, de partir vite. C’était le plan de course. Je ne sais pas à combien je suis passé. C’est difficile de faire un débriefing.

Le fait d’être double champion olympique a dû vous donner un surcroit de pression, non ?

Non, absolument pas. Au contraire. On se pose justement moins de questions. On est un peu plus certain de la tactique à adopter. Je connaissais le plan de course de ce soir. J’ai essayé de l’appliquer au mieux. Je manque peut-être aussi de fraîcheur par rapport aux autres. C’était le jeu, c’était le challenge et je ne regrette absolument rien. J’ai tout donné.

Ce que vous avez réalisé jusqu’à présent est exceptionnel...

C’est gentil. Je me régale, je m’amuse et je vois après. Tout le monde me dit que je ne me rends pas trop compte de ce qui se passe. On s’entraîne simplement toute l’année pour ça et pendant une semaine, on s’amuse et on offre du plaisir aux gens. C’est tout ce qui compte.

La suite, maintenant, c’est du sprint, du sprint et encore du sprint ?

Absolument pas. Je pense que je me pencherai un petit peu plus dessus, sur les notions à aborder. Je l’ai vu lors du relais. Je pense être capable de faire mieux que 47’’8. J’espère faire mieux dans les mois à venir. Maintenant, la suite à très court terme, c’est le 4x 100m 4 nages (samedi). On a de belles choses à faire là-dessus. Je vais me concentrer un maximum avec mes copains, pour essayer de monter en grade sur ce relais-là.

On vous sent très serein, comme si la pression n’avait pas de prises sur vous.

Il n’y en a pas trop ici. On est vraiment dans notre bulle. On a tellement travaillé pour ça. Au final, c’est comme si on avait mis en place des réflexes. On a répété des gammes toute l’année et le jour du concert, on ne réfléchit pas au pourquoi du comment, on joue notre partition sans trop y penser comme dirait si bien Fabrice (Pellerin, son entraîneur, ndlr). Il y a moins de pression au bord du bassin. On croise pas mal de gens connus, des gens qui sont quinze fois champion olympique, ce genre de truc-là. Ça remet un peu en place.

Etes-vous le nouveau patron de la natation française ?

Ce n’est pas un titre que je revendique particulièrement, non. Je ne suis pas vraiment demandeur en compliments. Je suis là pour m’amuser. Ce que je voudrais, c’est que les gens prennent du plaisir à nous voir nager à la TV. Qu’ils nous aiment sportivement comme humainement. Ce sera déjà quelque chose de bien.

Propos recueillis par Pierrick Taisne, à Londres