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Agnel, le gène de l’excellence

Yannick Agnel

Yannick Agnel - -

De Nîmes à Londres en passant par Nice, le parcours de Yannick Agnel oscille entre excellence et perfection. Retour sur la trajectoire d’un nageur hors-norme, déjà auréolé de deux titres olympiques. Série en cours.

La scène se déroule il y a six ans à Nice. Yannick Agnel a 14 ans. Didier, son père, n’a pas oublié : « Lorsqu’on s’est rendu au club de natation pour la première fois, les dirigeants ont demandé à Yannick ses objectifs. Il a répondu : « Moi, je veux être champion olympique. » Nous, on a dit : « Excusez-le, il est petit. » Vous voyez, son ambition vient de loin. » Six ans plus tard, Yannick Agnel est double champion olympique (200m NL et relais 4x100m).
Cette incroyable détermination, Yannick l’a toujours eue en lui. Elisabeth, sa maman le confirme : « Il a toujours eu un mental solide, remarque-t-elle après avoir séché ses larmes à l’issue du 200m en or de son fiston. Aux JO, il a encore prouvé que quand il veut quelque chose très fort, il l’obtient. » Voilà l’un des secrets de la réussite d’Agnel, nouveau héros du sport français.
Avant de poser ses valises sur la Côte d’Azur avec ses parents, c’est à Nîmes, sa ville de naissance, au Nautic Club Nîmois, que ses dons de nageur ont été décelés. Jérôme Castan, son premier entraîneur se souvient : « On le mettait dans l’eau, il était déjà devant. Déjà, il faisait deux têtes de plus que ses petits concurrents. Dans l’eau, il avait des qualités de glisse exceptionnelles. On s’est posé quelques questions. On s’est dit : « On a un petit phénomène, faisons attention. »

Castan, son premier coach : « Il est capable de tout »

Jérôme Castan a dirigé le prodige nîmois de 8 à 12 ans, dans les catégories Avenir, poussin et benjamin. Déjà, « Agnel junior » écrasait la concurrence. Et raflait tout : « En benjamin, à 12 ans, il remportait déjà les premières compétitions au niveau national, poursuit le coach gardois. Il a aussi battu le record de France des 12 ans sur 50m dos. » Un avant-goût de ce qui allait suivre. Toujours proche d’Agnel malgré l’éloignement, le coach nîmois reste épaté par les performances et l’attitude du champion qu’il a vu naître. « Il est capable de tout. Même si je le suis depuis tout petit, il m’étonne encore. »

Toujours dans la rubrique flash-back, il n’a pas oublié ce moment passé avec Yannick, dans la chambre du champion, à quelques semaines du départ pour Londres. « Dans cette chambre, chez son père, c’est le musée Agnel, dit-il amusé avant que des trémolos ne viennent se nicher dans sa voix. « Sur un panneau en bois, il y a toutes ses médailles, de la première jusqu’à la dernière. Je lui ai dit : ‘’Mais regarde toutes ces médailles, et tu vas aller aux Jeux !’’ Lui m’a répondu : ‘’Je n’y pense pas, pas de pression ! Je me dis simplement que si j’ai des enfants, je pourrai leur raconter tout ça.’’ Il est hallucinant. »

Aurélien Brossier