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Agnel-Muffat : Et le business dans tout ça ?

Yannick Agnel

Yannick Agnel - -

Titrés en natation à Londres, Camille Muffat et Yannick Agnel ont vu leur cote de popularité grimper en flèche. S’ils gardent la tête froide, les deux nageurs vont devoir gérer cette nouvelle notoriété.

Camille Muffat ne s’est pas affichée avec le dernier portable à la mode dans une soirée de promotion. Pas plus que Yannick Agnel à la une des magazines people. Et pourtant les demandes affluent sur le bureau de leur agent. Mais du côté des intéressés, on privilégie la qualité à la quantité. Yannick Agnel est sous contrat avec quatre partenaires (Coq Sportif, EDF, Nabaiji, ressources EtiQa). Pas question d’en attirer beaucoup plus malgré les sollicitations. Le double champion olympique avait pris soin de négocier ses contrats avant les Jeux. Ses titres devraient lui permettre de voir ses revenus grimper au moment des renégociations. Tout comme Camille Muffat (Puressentiel, EDF, Speedo) qui avait, elle, beaucoup à prouver aux yeux des sponsors.

Sophie Kamoun, qui gère leurs intérêts, résume parfaitement la situation : « Leur valeur marketing a forcément augmenté. » L’ancienne nageuse poursuit : « Les contrats de Camille s’arrêtent fin 2012. Avec son succès olympique, de nouveaux partenaires vont manifester leur intérêt à travers des propositions financièrement plus intéressantes pour elle. Yannick, quant à lui, s'était déjà engagé avec de nouveaux partenaires avant les Jeux, avec des clauses de revalorisation en fonction des performances de Londres, mais d’autres annonceurs commencent également à se manifester. » Propulsés sur le devant de la scène médiatique à la suite de leur formidable campagne londonienne, les nageurs niçois vont entrer dans une autre dimension. Concrètement, les revenus d’Agnel, qui perçoit près de 500 000 euros à l’année, devraient grimper à 700 000, voire 1 million d’euros. De son côté, Muffat pourrait voir ses rentrées financières multipliées par cinq dès l’année prochaine. 

Des revenus qui grimpent

Une augmentation très conséquente, que les jeunes gens vivent avec beaucoup de détachement et de simplicité. « Je suis quelqu’un de simple, affirme Agnel. Je n’ai pas des goûts compliqués. J’ai tout ce dont j’ai besoin et c’était déjà le cas avant les Jeux. Je vais être plus fourmi que cigale ». Même son de cloche chez Camille Muffat : « Je ne fais pas tellement attention. Les primes que j’aurai, je vais les mettre de côté ».

Un discours confirmé par leur entraîneur, Fabrice Pellerin : « Ils ont un profil qui n’est pas voué à changer. Leur quête, elle est sportive, c’est le plaisir de l’effort, de nager ». Conscient de la portée désormais très publique de ses deux poulains, ce dernier, qui assure « rester vigilant » a fixé un nombre limité de jours dévoués aux diverses opérations de sponsoring. Titre olympique ou pas, le mot d’ordre reste le même : au travail !

Alexis Toledano avec Julien Richard