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Agnel : « Très motivant de nager aux côtés de Phelps »

Yannick Agnel

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Invité du Moscato Show, Yannick Agnel est revenu sur ses championnats de France en demi-teinte, sa nouvelle vie à Baltimore, où il s’entraîne depuis cinq mois, et le retour à la compétition de Michael Phelps.

Yannick, vous qui avez le même entraîneur que Michael Phelps, vous étiez au courant de son retour à la compétition, qui a été officialisé ce lundi ?

Ça faisait quelques jours ou quelques semaines qu’il était de retour un peu plus régulièrement à l’entraînement. On n’avait pas les mêmes séances, il est un peu plus âgé, donc on le laisse un peu plus tranquille, mais ça présageait une compétition dans peu de temps.

Je suis heureux, ravi pour lui qu’il puisse revenir à la compétition. Il est plutôt en bonne forme. J’espère qu’il va retrouver le fun qu’il pouvait avoir les années précédentes. Ces derniers temps, il revenait nager de plus en plus régulièrement. C’est génial de l’avoir avec nous. C’est très motivant de nager aux côtés de Phelps. On se dit maintenant, il faut se donner.

Après un an et demi d'arrêt, pensez-vous qu'il puisse retrouver son niveau ?

Je ne pense pas qu’il soit très, très loin en terme de niveau, c’est le meilleur nageur de tous les temps, donc on peut dire qu’il a une certaine base, mais de là à être tout de suite compétitif sur la scène internationale, ça me paraît un peu court. De temps en temps, on fait des séries ensemble, ça revient. Je le trouve en super forme, en tout cas quand je l’ai quitté.

On se souvient de votre discussion après le relais aux Jeux Olympiques de Londres. Finalement, vous allez à nouveau nager l'un contre l'autre.

Effectivement, dans l'avenir cela va arriver si on fait les mêmes courses mais c'est absolument compatible. Je me suis toujours entraîné avec des personnes que j'ai retrouvées dans mes courses et cela ne m'a pas posé de problème.

Le retour de Phelps à l'entraînement peut aussi prendre une part importante du travail de Bob Bowman...

Chaque nageur a une part plus ou moins importante du groupe. On a un groupe assez étoffé. Finalement, cela fait plus un.

Et vous, où en êtes-vous physiquement ?

J’ai moi aussi fait mon retour, en France, et vous avez pu voir que ce n’était pas facile. L’entraînement à Baltimore est très intense, et je suis rentré très émoussé.

On vous a vu effectivement en difficulté aux championnats de France, avec notamment une 6e place sur 100 mètres et des chronos plutôt moyens...

Les chronos ont été effectivement très en-dessous de ce que j’espérais, mais on en a tiré de sacrés bilans avec mon entraîneur. Je ne me fais pas de souci dans la mesure où c’est la première saison que je change autant de choses d’un coup, et on apprend ensemble à s’apprivoiser avec Bob Bowman. Pour vous donner un ordre d’idée, je suis passé de deux séances de musculation par semaine à une par jour. Physiquement, pour moi qui suis une brindille, c’est conséquent. Au niveau de l’entraînement en lui-même, les choses changent énormément.

En quoi ?

Il y a beaucoup plus de professionnalisme que ce que j’avais jusque-là. J’ai découvert en compétition des choses que je ne faisais jamais, notamment au niveau de la récupération. Par exemple, après une course, Bowman veut que l’on nage 20 à 30 minutes systématiquement. Pour vous donner une idée, en arrivant à ma première séance de musculation là-bas, je ne pouvais pas faire plus de deux tractions d’affilée. Il y avait vraiment du boulot.

Les résultats des championnats de France ne vous font pas peur ?

Je n’ai pas peur, mais c’est un risque que j’ai pris de partir là-bas. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais ce que je ressens à Baltimore, c’est que je m’entraîne super dur, et ça va forcément payer un jour.

Y avait-il un problème de stratégie pour vous ? On vous va a vu partir très vite à chaque fois et exploser sur la fin. C'était flagrant sur le 100m.

Sur 100m, je n’avais pas assez de gaz, je ne suis pas explosif comme peut l’être un Florent Manaudou, qui est un monstre sur du sprint. La tactique, c’était de préparer l’été prochain où il faudra passer dans ces temps-là et avoir suffisamment d’endurance pour tenir. On avait vraiment pris ces championnats comme une compétition de test. C’est pour ça que Bob est venu avec moi.

Votre échec du 100m ne vous dissuade pas de vous aligner sur cette distance ?

Je pense que c’est possible de pouvoir nager et le 100m et le 400m, j’en suis convaincu, sinon je ne le tenterai pas, et je ne baisse absolument pas les bras. L’effort est très différent, mais tout est étalé sur une semaine donc je pense que c’est faisable. Ça ne remet pas en cause le fait que je veuille nager cette distance. C’était un test et on a plus d’informations sur ce qu’on va devoir travailler.

Quels seront vos objectifs aux championnats d'Europe (du 13 au 24 août, à Berlin) ?

Aux Europe, l’objectif sera de gagner un maximum de médailles d’or. Le 200m, le 400m et des relais, sachant qu’il y a deux relais mixtes qui ont été ajoutés aux trois relais habituels.

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Propos recueillis par Julien Richard