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Agnel, une bonne note pour finir

Gilot, Agnel, Mallet et Stravius : le quatuor argenté du 4x200 m NL.

Gilot, Agnel, Mallet et Stravius : le quatuor argenté du 4x200 m NL. - -

Déçu de ne pas avoir accroché une médaille sur 400 et 200 mètres NL, le Niçois a effectué un premier relais de folie, terminé devant Michael Phelps, pour lancer le 4x200 m tricolore vers la médaille d’argent. Yannick récolte la première breloque mondiale de sa carrière. Ce ne sera pas la dernière.

On l’avait laissé sur l’idée d’un possible « fanny ». Absent du relais 4x100 m nage libre argenté pour privilégier ses épreuves individuelles, sixième sur 400 m NL et cinquième sur 200 m NL malgré une superbe course, Yannick Agnel aurait pu repartir des Mondiaux de Shanghai sans médaille à accrocher sur la cheminée. Un gâchis tant le talent du grand espoir aquatique tricolore est immense. Alors le Niçois a lâché les chevaux ce vendredi. « On avait les crocs », concède le garçon. Au bout d’un premier relais de feu, terminé devant un certain Michael Phelps, Agnel a lancé le collectif français sur le chemin d’une superbe médaille d’argent du relais 4x200 m. Une libération nimbé d’un plaisir non feint.

« Cette médaille fait vraiment du bien, lâche Yannick. Après la déception du 400, et le 200 en demi-teinte, j’avais vraiment à cœur de bien lancer le relais pour le passer dans les meilleures conditions possibles. Quand j’ai vu que Phelps lançait le relais côté américain, je me suis dit qu’il y avait « the revenge » dans l’air et qu’il y avait moyen de faire quelque chose. Ça fait du bien de prendre sa revanche. Bon, Phelps avait quand même un 100 m papillon dans les pattes, ce n’était pas évident pour lui, mais pas de pitié. (Rires.) » Le sourire XXL ne trompe pas. A 19 ans, Agnel goûte à sa première médaille comme un enfant découvre son cadeau de Noël au pied du sapin. Du plaisir sans retenue.

Stravius : « Bravo à Yannick »

« Quand je suis passé en tête après mon relais, j’ai ressenti beaucoup de bonheur, poursuit le Niçois. Je me suis dit que le travail était fait, que j’allais vibrer pendant encore 600 mètres avec mes compatriotes et qu’on allait hisser la France au plus haut. J’en étais certain. » Un premier relais qui a insufflé une dose d’optimisme supplémentaire à trois ses partenaires du jour. « Après Yannick, c’était bien parti pour la médaille, confirme Jérémy Stravius. Il fait 1’45’’2, tout proche de son temps en individuel (1’44’’99, ndlr). Au bout d’une semaine, il fallait pouvoir le refaire donc bravo à lui. Ça nous a bien aidés. » Un pour tous. Et tous pour un.

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Les promesses argentées du 4x200 m|||

Même les Américains n’ont pas dû y croire. Lancés par un Yannick Agnel de feu (qui a touché avant Phelps !), le relais 4x200 m tricolore a longtemps fait jeu égal avec son homologue US, maître du genre depuis des années, avant de voir l’extraterrestre Ryan Lochte déposer Fabien Gilot dans la dernière ligne droite, vendredi à Shanghai. Résultat ? Un record de France raboté de cinq secondes, une médaille d’argent et des espoirs pour le futur. « On a vraiment fait forte impression, lance Jérémy Stravius, triple médaillé lors de ces Mondiaux (or sur 100 m dos, argent sur 4x100 et 4x200 m). Personne n’aurait imaginé qu’on serait encore au contact à 100 mètres de l’arrivée. On a montré que ce relais avait un bel avenir. » Agnel arbore le même état d’esprit : « On a prouvé qu’on pouvait exister sur ce 4x200. A un moment, les Américains tiraient un peu la gueule derrière leur plot. Ils se sont dits : « Ils ne devaient pas s’accrocher si longtemps normalement, il y a un problème ». Si on travaille, il y a moyen de faire quelque chose de bien aux JO. »

Et Grégory Mallet de poursuivre dans une ambiance potache où les rires fusent : « On regardait ces Américains au contact avec nous, car à un moment nous étions devant, et c’était une fierté. Dans ce relais, il y a vraiment une bonne ambiance, une osmose. C’est de bon augure pour la suite. » Dernier relayeur, Fabien Gilot, qui a pris la place de Sébastien Rouault (lui aussi médaillé puisqu’il a nagé les séries), a pris « un plaisir immense » : « On dit souvent que le 4x200, c’est la force d’une nation. On a gagné le respect de beaucoup de gens. Il y a du bon dans les années à venir. A nous de continuer à progresser. Même les Américains sont battables. Ce sont des hommes. » La natation française n’a plus peur de personne. Après le record de 21 médailles aux « Europe » l’été dernier, elle s’offre, grâce à ce relais argenté, sa septième breloque à Shanghai. Un record pour des Mondiaux. « La France est une grande nation de la natation », lance Mallet. On ne peut qui lui donner raison.