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Alain Bernard : « Aller toujours plus vite »

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Alain Bernard a repris l’entraînement hier, dans son fief d’Antibes. Le champion olympique du 100 m nage libre se confie sur ce nouveau départ.

Alain, c’était votre premier entraînement depuis les Jeux de Pékin. Comment ça s’est passé ?
Le contact avec l’eau m’a fait du bien. Pendant les vacances, je suis allé barboter dans la mer, mais ce n’était pas l’entraînement. Ces derniers jours, ça commençait à faire long, mon train de vie quotidien me manquait. J’ai retrouvé ce bassin où j’ai tant donné l’année dernière et où il me reste tant à donner cette année. Quand on y pense, ce sont des bons moments. On s’en prend plein la gueule, mais c’est bon, c’est pour la bonne cause. Quand ça marche, on est content. Le pire, c’est quand on fait des efforts et qu’on n’est pas récompensé. C’est ça le plus horrible.

Vous avez atteint le titre suprême. Où trouvez-vous la motivation pour repartir à l’entraînement ?
On se dit que ça vaut le coup de souffrir, donc pourquoi ne pas souffrir encore davantage cette année pour avoir encore de meilleurs résultats. C’est la recherche de la meilleure performance, toujours grappiller des centièmes, des dixièmes, que ce soit dans la nage ou dans les départs. Je vais rechercher la petite bête pour aller toujours plus vite. Après, ça ne veut pas dire que je vais forcément y arriver, mais au fond de moi je suis convaincu. C’est ça qui va m’animer tous les jours.

Vous êtes devenu une star. Comment gérez-vous ce changement de statut ?
On le gère du mieux qu’on peut. Je ne cours pas après la notoriété ou la reconnaissance. Je fais ça depuis des années parce que j’aime ça et que j’aime repousser mes limites. Quand ça arrive, on relativise. Je suis privilégié parce qu’on me propose certaines choses que l’on ne me proposerait pas si je n’étais pas champion olympique. Ce sont des petites choses qui font qu’on est reconnu. Ca fait plaisir. A l’entraînement, il y a beaucoup de caméras, de journalistes. Ca pourrait me mettre un poil de pression. Et bien non, même pas !

On parle beaucoup de l’arrivée de Laure Manaudou dans le club de Marseille. En avez-vous parlé avec elle ?
Je ne vais pas l’influencer dans son choix. Je l’ai conseillée aux Jeux. Je lui ai dit qu’elle prenne le temps de réfléchir, et le jour où elle aura pris une décision, qu’elle y aille à fond. Elle est majeure, grande, c’est à elle de prendre ses responsabilités.

Ce n’est pas du gâchis ?
Non, ce n’est pas forcément facile pour elle. Elle a eu beaucoup de choses quand elle était très jeune. Il faut savoir la laisser tranquille aussi.

La rédaction - Dominique Poulain