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Bernard : « Du pain sur la planche »

Alain Bernard n'oublie pas les JO.

Alain Bernard n'oublie pas les JO. - -

Comme l’ensemble de l’équipe de France (à l’exception de Manaudou et Bousquet), Alain Bernard effectue son retour à la compétition à Angers après un stage de trois semaines en Afrique du sud. Le champion olympique de Pékin aborde cette dernière ligne droite avant Londres entre prudence et ambition.

Alain Bernard, après trois semaines de préparation dans quel état de forme abordez-vous cette étape de Nancy ?

On sort d’un gros stage de préparation. Nous sommes rentrés hier (mercredi, Ndlr) de Pretoria, en Afrique du Sud. Ça été très intensif. Le gros avantage, c’est que nous étions au soleil et qu’il faisait chaud. C’est très agréable pour s’entraîner. Maintenant, la charge de travail a été importante. Nous sommes en train de récupérer pour avoir de bonnes sensations sur cette compétition. C’est pratiquement la rentrée. Le mot d’ordre est de mettre en place les choses techniquement pour arriver aux Championnats de France de Dunkerque (du 18 au 25 mars) avec le maximum de repères.

Qu’attendez-vous de cette compétition exactement ?

Une bonne mise en place technique et essayer de prendre des repères dans une compétition très dense. Je ne sais pas si le niveau sera élevé, mais ça va être très dense. Nancy, ce sont quasiment des mini-Championnats de France, notamment sur mes épreuves de sprint. Pour aller aux Jeux, il faudra être performant à Dunkerque. Aujourd’hui, on s’attache chacun de notre côté à essayer d’être le plus fort possible. Maintenant, il y a du pain sur la planche. Mais c’est de bon augure parce qu’il n’y a pas grand-chose à dire sur le travail abattu.

C’est également un bon moyen de se jauger face à la concurrence…

Je ne sais pas si c’est face à la concurrence, mais dans mon parcours personnel, c’est important de prendre de bons repères. Il y a eu beaucoup de boulot de fait. Ça fait quatre ans que les Jeux sont terminés. Nous sommes dans une année importante où chaque sortie va être observée par les concurrents. Le plus important sera de rester concentré. Je n’ai pas de gros doutes par rapport à la compétition, mais ça reste du sport. Il faudra rester vigilant.

Vous êtes-vous fixé un temps référence ?

C’est plus dans un coin de ma tête, mais je ne veux pas me fixer de temps car si je me mets un temps, je me fixe une limite. Donc pas de limite. Si je fais une bonne course, je ferai un bon temps.

Comment abordez-vous cette dernière ligne droite ?

Il y a de l’ambition. De l’ambition personnelle, mais aussi pour les gens qui sont autour de moi tous les jours à l’entraînement. Je pense à mes partenaires, mais aussi à Denis (Auguin) mon entraineur. C’est une organisation extraordinaire. Même si je le fais pour moi, pour repousser mes limites, je le fais aussi pour ces gens qui croient en moi au jour le jour. C’est une année importante qui se passera d’autant mieux s’il y a de la joie. Il y a de la souffrance et des doutes, mais c’est pour tous les sportifs de haut niveau. Le plus important est de continuer à avancer coûte que coûte.

Les doutes sont-ils plus importants que les autres années ?

Il y a moins de doute. Peut-être parce que je ne prends pas le temps de m’arrêter dessus. Il y en a forcément. Je sais qu’il y en a pour les autres aussi. Je ne connais pas de sportifs de haut niveau qui ne doutent pas. Mais je ne me prends pas la tête avec ça. J’essaye de me décomplexer sur le sujet.

Propos recueilis par Pierrick Taisne