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Eau libre: "Important de marquer les esprits" pour Olivier, vainqueur à Doha

Marc-Antoine Olivier s’est imposé sur le 10km de la première étape de coupe du monde d’eau libre, à Doha (Qatar). Le médaillé de bronze olympique à Rio a devancé le Hongrois Kristof Rasovszky et l’Italien Gregorio Paltrinieri.

Marc-Antoine Olivier, l'élève de Philippe Lucas, marque son territoire face à deux grands rivaux pour le titre olympique dans moins de six mois à Tokyo. Pour la première étape de Coupe du monde d'eau libre, ce samedi à Doha (Qatar), le Français a dominé le Hongrois Kristof Rasovszky (2e à 3") et l’Italien Gregorio Paltrinieri (3e à 5").

Un beau tir groupé des Français avec la 5e place du double champion du monde en titre du 25 km, Axel Reymond, et la 6e place pour Logan Fontaine.

C’était la première étape de Coupe du monde depuis un peu plus d’un an en raison de la pandémie de Covid. La dernière avait également été organisée en février 2020 à Doha et avait déjà été remportée par Marc-Antoine Olivier.

Marc-Antoine Olivier, ça fait du bien de retrouver la compétition en eau libre et en plus avec une victoire ?

"Je suis content d’avoir retrouvé la compétition internationale. Certes il y a eu les championnats d’Italie au mois d’aout qui ont fait un tremplin vers la coupe du monde, mais retrouver tous les nageurs internationaux un et un mois plus tard c’était important de performer aujourd’hui, et on a fait le job. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et continuer à bosser."

Il y a eu de l’inquiétude et de la frustration avec le confinement et l’arrêt de l’entraînement… La frustration également de se faire battre au mois d’août par l’Italien Gregorio Paltrinieri (champion olympique du 1500m à Rio). Ça signifie quoi de voir aujourd’hui que vous battez Paltrinieri et aussi ces chronos en bassin que vous avez réalisé ?

"C’est bien ! Déjà avec Paltrinieri, ça fait 1 partout, balle au centre, sur le 10 km. Plus sérieusement, ce que j’ai effectué en bassin, c’est chouette parce que ça faisait trois ans que je n’avais pas amélioré mes chronos sur le 1500m. Après, le plus gros risque, c’était de retranscrire cette progression en eau libre. C’est chose faite. Il faut continuer à bosser sur les mêmes objectifs que l’on avait il y a deux ans, à savoir aller chercher l’or à Tokyo. Dès lundi matin, on retourne au boulot pour accomplir ça."

Est-ce que cette période du confinement et des doutes, de la frustration, est définitivement derrière vous avec cette victoire ?

"Oui, complètement. Déjà depuis fin novembre, début décembre, c’est effacé. On a vraiment fait une grosse période de travail jusqu’aux championnats de France fin décembre à Saint-Raphaël et ça avait payé en bassin. Il ne restait plus qu’à voir si ça fonctionnait aussi en eau libre. C’est chose faite, il n’y a plus d’inquiétude et maintenant, c’est tout droit vers Tokyo."

C’était important de marquer son territoire avant les JO, sachant qu’il n’y aura plus beaucoup d’occasion de se confronter aux adversaires…

"Oui, c’est vraiment important parce que quand vous débutez une course et que la personne à côté de vous a gagné les deux courses précédentes, ça met une pression supplémentaire, on sait qu’il sera au rendez-vous. Donc c’était important de marquer les esprits, comme je l’avais fait l’année dernière. On aura encore une Coupe du monde aux Seychelles en mai prochain où il sera encore important d’aller chercher la victoire puis de se préparer pour les jeux de Tokyo."

Il y a la dimension psychologique aussi, avant la course, en jaugeant les adversaires, les regards, les comportements…

"On peut voir dans un regard ce que l’athlète prépare, s’il est motivé etc. Ça joue beaucoup car on est sur une discipline qui est difficile, on a un peu tous des regards de tueurs et c’est important de mettre cette petite pression avant le départ. Je pense qu’ils avaient une petite pression supplémentaire parce qu’ils étaient au courant des temps que j’ai réalisé en bassin, sachant qu’eux viennent du bassin, et ils savent que j’ai plus de facilités en eau libre. Ils savaient que j’avais progressé et il fallait faire les choses aujourd’hui pour confirmer cela."

Julien Richard