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Eau libre: Marc-Antoine Olivier veut "mettre la pression" sur ses rivaux avant Tokyo

Marc-Antoine Olivier, le médaillé de bronze olympique du 10 km à Rio, dispute à Budapest les championnats d’Europe en eau libre, avec le 5 km ce mercredi et le 10 km jeudi. Contrairement aux Mondiaux de 2017, les épreuves d’eau libre ne se déroulent pas dans les eaux du lac Balaton, mais dans le lac Lupa, en banlieue de Budapest, dont la température vient tout juste de dépasser les 16 degrés règlementaires. Vainqueur de l’étape de Coupe du monde de Doha le 13 mars dernier, après un an sans compétition internationale, le Nordiste de bientôt 25 ans veut à nouveau "marquer les esprits" face au gratin de l’eau libre mondiale, alors que les occasions d’affronter les rivaux de Tokyo seront rares cette saison. Marc-Antoine Olivier enchainera ensuite avec les épreuves en bassin (800-1500 m).

Marc-Antoine Olivier, dans quel état d’esprit êtes-vous sur ces championnats d’Europe, sachant qu’il n’y aura pas beaucoup de 10 km à nager jusqu’aux Jeux ?

L’idée, c’est d’aller chercher la victoire et de mettre la pression, comme on l’a fait à Doha. Montrer que le travail effectué est là. Mine de rien, les deux derniers 10 km en compétition internationale, je les ai gagnés, donc il faut rester sur cette lancée jusqu’aux Jeux. C’est important de marquer les esprits sur ces championnats d’Europe en vue des Jeux. Même si le contexte sera différent des Jeux car on nagera en combinaison néoprène à Budapest, en raison de la température de l’eau (environ 18 degrés), alors qu’à Tokyo ce sera sans (eau vers 30 degrés au Japon). Mais ce n’est pas une raison pour ne pas marquer les esprits sur ces championnats d’Europe.

Pourquoi cet aspect psychologique, de marquer les esprits, est si important ? Ces championnats d’Europe pourraient être uniquement une préparation en vue des Jeux…

Ça fait partie de la préparation, mais on n’a pas eu de compétition internationale du style championnat d’Europe ou du monde depuis deux ans (Mondiaux à Gwangju, en Corée du Sud, en 2019) donc on a hâte de nager ces championnats. On est une discipline de longue distance, on n’est pas comme en bassin, chacun dans notre ligne, et l’aspect psychologique joue beaucoup au départ. Quand on est en chambre d’appel, je peux vous dire qui sera performant dans la course. Ça se voit au regard, dans la gestuelle que l’on peut avoir. C’est important d’avoir cet avantage là avant la course.

On sent que c’est un aspect qui vous plait particulièrement…

J’aime bien jouer avec ça. Ca fait maintenant cinq ans que je ne suis pas sorti du top 5 mondial donc ça met une pression sur les autres. Ce jeu-là débute dès notre arrivée sur le lieu de compétition. On s’entraîne tous au même endroit et on voit les entraîneurs des autres nations, quand on fait une série un peu poussée, essayer de prendre nos chronos, de voir comment on nage et dans quelle forme on se situe. Cette pression psychologique, elle existe dès qu’on est arrivé à Budapest.

D’autant que le plateau à Budapest ressemble à ce qui se fait de mieux et à ce que vous retrouverez à Tokyo...

Le niveau européen est hyper relevé. Il y a deux ans, aux derniers championnats du monde, le podium était européen, le quatrième était également un Européen. L’Europe domine la discipline et c’est un peu un avant-goût des Jeux Olympiques que l’on aura cette semaine. Les principaux rivaux seront là. A Doha, il manquait les deux Allemands, qui seront bien présents en Hongrie. Ce sera intéressant de voir à quel niveau ils seront.

"La priorité, ça reste toujours l’eau libre"

A Budapest, vous allez enchainer l’eau libre (5 km et 10 km) avec les épreuves en bassin la semaine suivante (800 et 1500 m). Avec quelle idée derrière la tête et quelle ambition?

La priorité, ça reste toujours l’eau libre. On va faire étape par étape. La première semaine, ce sont les courses d’eau libre, c’est mon terrain de jeu et c’est là que je veux aller chercher des victoires. Pourquoi je suis allé en bassin, tout simplement parce que les meilleurs en eau libre sont très forts en bassin. Ils sont champions du monde du 800 (l’Italien Gregorio Paltrinieri) et du 1500 (l’Allemand Florian Wellbrock) et c’est aussi important d’aller aussi sur leur terrain de jeu pour leur mettre la pression. Donc je veux d’abord aller chercher le maximum de victoires en eau libre et après pourquoi pas décrocher une ou deux finales en bassin.

Avec l’idée de faire la même chose aux JO, où ce sera l’inverse : d’abord les épreuves en bassin et ensuite l’eau libre ?

C’est encore en réflexion. C’est suivant ce que je vais faire aux championnats d’Europe, et à voir aussi si je me présente aux qualifications olympiques pour le bassin à Chartres (15 au 20 juin). On verra ce que l’on décide de faire avec Philippe (Lucas, son entraîneur à Montpellier).

Julien Richard