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Equipe de France : les tops et les flops

Camille Lacourt et Jérémy Stravius

Camille Lacourt et Jérémy Stravius - -

Dix médailles (un record) à Shanghai, une place de première nation européenne : les Bleus font bien partie du gratin de la natation mondiale. Retour sur huit jours de rêve. Malgré quelques petites déceptions.

LES TOPS

Stravius dans le grand bain

C’est l’homme de ces Mondiaux côté tricolore. Jérémy Stravius va rentrer à Amiens avec trois médailles, le meilleur total chez les Bleus. L’or du 100 m dos, l’argent des relais 4x100 et 4x200 m NL. Une nouvelle star des bassins est née. « J’ai vécu une super expérience, raconte le jeune homme de 23 ans. Je ne pensais pas récolter autant de médailles. L’image que je garderai, c’est la réaction après le 100 m dos en regardant le chiffre inscrit à côté de mon nom. Mais le moment le plus fort, c’était le relais 4x200 m. » Des souvenirs pour se motiver sur la route qui mène à Londres. « On va avoir plus de sollicitations, il va falloir se protéger un peu, annonce son entraîneur, Michel Chrétien. Mais je fais confiance à Jérémy. »

Lacourt, pas seulement l’homme d’un été

Sollicitations médiatiques et publicitaires. Invitations en tous genres. Attention permanente des fans. Camille Lacourt a vécu une année agitée. Mais la gueule d’ange de la natation tricolore a su se transcender. Au talent, au courage, à l’envie. Pour aller glaner l’or sur 100 m dos (distance olympique) et l’argent sur 50 m dos, « une déception car il est capable d’écraser cette course et de nager cinq dixièmes plus vite » dixit son entraîneur Romain Barnier. « Ce qui va rester, c’est une force mentale extraordinaire, indique ce dernier. Dans une année où il a perdu tous ses repères, où il a changé de vie, avec une préparation perturbée, il a su aller chercher au fond de ses tripes. » La preuve d’un potentiel hors normes. Qui n’a plus qu’un seul horizon : l’or olympique.

Meynard-Bernard, les tontons sprinteurs

La chose est devenue une bonne habitude. Le sprint français ramène toujours son lot de médailles des grandes compétitions internationales. Avec, cette fois, l’argent de l’insouciant William Meynard sur 100 m nage libre et le bronze de l’expérimenté Alain Bernard sur 50 m NL. Sans oublier l’argent du 4x100 mètres NL, belle breloque mais légère déception tout de même dans une discipline où le potentiel des Bleus n’a toujours pas atteint son pinacle en grand bassin.

LES FLOPS

Bousquet se noie tout seul

Sa quatrième place sur 50 m papillon ne paraissait pas trop décevante. Car le garçon avait encore une place parmi les légitimes favoris du 50 m NL. Mais sa tentative de s’économiser en séries se soldera par une élimination directe. Avec un temps indigne de son talent (22’’38). « J’ai fait une erreur, c’est de ma faute, avouera le compagnon de Laure Manaudou. C’est un coup de pied au cul qui ne peut que me rendre plus fort pour l’année prochaine. » Absent du relais 4x100 m NL, privé de rattrapage sur le relais 4x100 m 4 nages à cause de l’élimination de ses camarades en séries, Bousquet a raté ses Mondiaux. A 31 ans, saura-t-il rebondir aux JO ?

Duboscq pas fidèle à ses habitudes

L’assurance tous risques s’est fissurée. De 2004 à 2010, Hugues Duboscq a passé presque tous ses étés à récolter des médailles dans les grandes compétitions internationales. S’il n’a jamais récolté de titre, le spécialiste de la brasse s’était habitué au goût du podium. Mais Shanghai a marqué un coup d’arrêt. Sorti en demies du 100 m brasse et en séries du 200 m brasse, Duboscq a nagé à l’image de sa saison. Simple mauvaise passe ? Conséquence d’une préparation perturbée par la naissance, en juin dernier, de son fils Léandre ? Début de la fin pour ce nageur de 29 ans ? La saison olympique livrera sa réponse.

Le 4x100 m 4 nages pas au rendez-vous

Au contraire des autres pays, les Bleus n’ont pas sorti la « grosse équipe » en séries. Résultat ? Une élimination directe pour ce relais champion d’Europe en titre. « C’est frustrant car il y avait quelque chose à jouer, on aurait pu faire bien mieux, juge Fabien Gilot. C’est comme ça, on a eu des belles surprises cette semaine mais aussi des petites déceptions. Il faut se nourrir des unes et des autres pour rebondir la saison prochaine. » Le 4x100 4 nages aura une revanche à prendre sur lui-même à Londres.

Le titre de l'encadré ici

Les médailles se ramassent à la pelle|||

Christian Donzé avait fixé les objectifs. Six médailles, comme à Rome il y a deux ans, mais cette fois avec un titre. Le DTN va pouvoir sabrer le champagne. Car ses nageurs ont fait exploser ces perspectives. Dix médailles (quatre de plus qu’à Rome ou Melbourne en 2007, l’ancien record) dont deux en or. Un an après les 21 breloques des « Europe » de Budapest, les Bleus restent la première nation européenne aux Mondiaux de Shanghai. Tous pays confondus, la France se classe au cinquième rang. Et au quatrième si l’on prend juste en compte le nombre de médailles (le Brésil n’en a que trois, mais toutes en or). « C’est un bilan historique, confirme Donzé. Il y a aussi 19 finalistes. On est en finale dans trois épreuves sur quatre, donc c’est vraiment un résultat d’ensemble excellent. » Qui n’est surtout plus dépendant d’une seule personne, comme cela pouvait être le cas avec Laure Manaudou en 2007; impliquée dans 5 des 6 médailles tricolores.

Symbole de cette réussite et conséquence des redoutables critères de sélection mis en place : la médaille d’argent du 4x200 m NL. « On dit souvent que ce relais montre la force d’une nation, souligne Fabien Gilot. On a gagné le respect de beaucoup de gens. » De quoi rêver à une nouvelle moisson de médailles dans un an, aux JO de Londres. « On récolte huit médailles sur des épreuves olympiques (le 50 m papillon et le 50 m dos, où Mélanie Henique et Camille Lacourt ont chacun récolté une médaille, sont absents du programme des Jeux, Ndlr), indique Denis Masseglia, président du CNOSF. La natation française sera le fer de lance de l’équipe de France olympique. C’est une réalité. » Qui augure de belles journées londoniennes.