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La combinaison gagnante

Le 12 février, Speedo présente sa combinaison révolutionnaire

Le 12 février, Speedo présente sa combinaison révolutionnaire - -

Douze records du monde en un mois : la combinaison Speedo, portée par Alain Bernard lors des Championnats d’Europe de natation, fait aujourd’hui débat. Décryptage.

Alain Bernard est l’homme de ce début de saison. L’Antibois a réussi l’exploit de battre les records du monde du 100 (47’’50) et du 50 m (21’’50) en moins de deux jours à l’occasion des Championnats d’Europe à Eindhoven. Mais « l’Albatros » a trouvé plus fort que lui en ce début d’année : la nouvelle combinaison Speedo, auteur de douze records du monde en a peine un mois.

L’équipementier américain a lancé le 12 février 2008, à Londres, une combinaison qui suscite aujourd’hui beaucoup d’interrogations : la Speedo LZR Racer. La star incontournable de la natation mondiale, Michael Phelps, qui a participé à la conception de cette combinaison révolutionnaire, déclare le jour de la présentation se sentir « comme une fusée ». Quoi de plus normal quand on sait que l’agence spatiale américaine (NASA) a travaillé sur ce projet.

La Speedo LZR Racer est la première combinaison de natation intégralement réalisée sans coutures à fils, les pièces étant soudées par ultrasons. Exit les frottements. Autre innovation : des panneaux ultra-profilés ont été intégrés pour compresser d’avantage le corps du nageur dans une forme hydrodynamique. Les résultats ne se font pas attendre. Le 17 février, à l’occasion des championnats de Nouvelle-Galles du Sud, l’Australien Eaman Sullivan bat le record du monde du 50 m nage libre d’Alexander Popov (21’’56 contre 21’’64), un chrono vieux de huit ans. Depuis, onze records du monde ont volé en éclat. Le point commun de tous ses chronos : ils ont été battus par des nageurs portant la combinaison Speedo.

L’ancien maître du sprint, Pieter Van Den Hoogenband, ne tarde pas à réagir : « Elle flotte, c’est clair, je l’ai vue. C’est tellement plus facile d’être haut sur l’eau ! ». Donc le message est clair pour VDH : il y a un avantage illicite pour les nageurs équipés… La Fédération Internationale de Natation ne partage pas le même avis et précise que lors des tests, rien ne permet d’assurer que cette seconde peau aide les nageurs à gagner en flottabilité. A moins d’interdire le port (licite depuis 1998) de toute combinaison intégrale, le problème reste entier à quelques mois des Jeux Olympiques.

La rédaction