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Lacourt : « J’aime trop la France pour partir »

Camille Lacourt

Camille Lacourt - -

De retour d’Australie où il est parti s’entrainer cette saison, Camille Lacourt dispute les Championnats de France petit bassin qui ont débuté ce jeudi à Dijon. Avec en ligne de mire les Championnats d’Europe la semaine prochaine.

Nouvelle vie en Australie

« Ça fait du bien, ça change. J’avais envie de voir autre chose. Je suis ravi d’être là-bas. La seule chose, c’est qu’ils s’entrainent à 5h du matin donc le réveil à 4h15 est assez piquant (rires). C’est très différent dans les entrainements et dans le fonctionnement. Je suis ravi de voir autre chose et de découvrir une autre culture. »

Journée type

« Ça commence par un réveil à 4h15 : quand je le programme le soir, j’ai une petite larme à l’œil (rires). Ça commence à 5h à la piscine avec un échauffement à sec en commun avec les groupes. A 5h30, on plonge pour 2 à 2h30 de séance : je nage entre 5,5 et 7 km avec toujours de l’intensité, de l’allure de course, du 100m ou 200m… C’est vraiment différent de ce que je faisais à Marseille. Ensuite, je rentre chez moi. Le deuxième entrainement a lieu de 15h à 17h. Entre temps j’essaie de vivre ou survivre et je suis au lit à 22h (rires). »

Sa relation avec Ian Pope (entraineur)

« Le seul truc qu’il sait en français c’est « Je comprends », mais ça se passe plutôt bien. Au début, c’est vrai que c’était un peu compliqué, pas à l’entraînement parce qu’avec les gestes ou simplement en nageant, on arrivait à se comprendre. Mais en dehors, quand on essayait de parler de la vie normale, c’est vrai qu’il me regardait avec des gros yeux et moi, je rigolais. Maintenant, ça va. Avant de partir, on a eu deux heures de discussion autour d’un restaurant : on commence à bien pouvoir discuter. »

L'expérimentation d'autres nages

« Vous avez vu mes résultats sur 100m papillon ? (rires) Non, le but c’est de retrouver mon meilleur niveau sur 100m dos et d’essayer de nager très vite aux championnats de France grand bain et aux championnats d’Europe. On se concentre vraiment sur le dos. »

Sa notoriété en Australie

« Je suis arrivé et la plupart ne savaient pas qui j’étais. Ça ne m’a pas dérangé mais ça m’a fait bizarre. Les jeunes aiment beaucoup la natation mais pas forcément les nageurs. A 10-12 ans, ils se lèvent à 5h pour aller s’entrainer mais ils ne connaissent pas les nageurs : j’ai trouvé ça assez drôle. Même si sur certaines séries, je sens le regard des entraineurs. Mais ils ont quand même eu de grands champions dans leur groupe : c’est juste le premier dossiste. »

La pression médiatique

« C’était devenu pesant parce que c’est arrivé d’un seul coup. Je ne me souvenais même plus de ce qu’était l’anonymat donc le retrouver, ça fait vraiment du bien. J’en profite au maximum. Je suis allé dans un aquarium un dimanche : chose improbable pour moi en France (rires). Ça fait du bien de respirer et de faire une parenthèse pour revenir reboosté. C’est ce que je préfère en Australie. C’est bien d’être reconnu en France et d’avoir beaucoup d’encouragements de la part des français mais pouvoir bouger, être tranquille au parc sans avoir peur des paparazzis, c’est vraiment un grand kiffe. »

Les Championnats de France

« J’avais pris un visa tourisme. J’avais envie de passer les fêtes en famille ici, de revoir mes amis, et j’avais envie de venir faire de la compétition avec l’équipe de France, de venir faire les France et les championnats d’Europe, faire du petit bain, parce que là-bas, c’était juste une compétition en grand bain. J’avais aussi envie de nager et de faire ce championnat d’Europe. Ca fait trois ou quatre ans que je ne les ai pas faits. J’avais envie de revenir nager ici. »

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Propos recueillis par Julien Richard