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Les Bleus veulent surfer sur la vague

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Après leur semaine historique aux Championnats d’Europe de Budapest, les nageurs français espèrent faire fructifier leurs succès. Mais seules les têtes d’affiche peuvent prétendre à de gros contrats publicitaires.

Depuis leur retour au pays, les nageurs français baignent dans une douce euphorie. Ce lundi, ils ont atterri à l’aéroport de Roissy avec 21 médailles européennes dans leurs valises, dont 8 en or. Une moisson historique. Dans le bassin de Budapest, ils ont tutoyé les étoiles. Tous ensembles. Mais désormais c’est chacun de leur côté qu’ils vont tenter d’en profiter. Car malgré la belle cohésion aperçue en Hongrie, la natation reste un sport individuel. Et à l’heure de discuter avec les sponsors, personne ne l’a oublié.

En plus des primes de performances, seules les têtes d’affiche peuvent prétendre à de gros contrats. « Dans les sports individuels, l’échelle des revenus est très éclatée, explique Didier Primault, économiste au CDES Limoges. C’est là qu’on trouve les sportifs les mieux payés au monde. A l’image de Tiger Woods. Mais cela ne concerne que le top de la hiérarchie. Les autres - la grande majorité - ne vivent même pas de leur sport. C’est très sélectif. » Une sélection cruelle, qui devrait à nouveau s’opérer dans les prochaines semaines. « Avec autant de médailles, il n’y aura pas de places pour tous les nageurs », prévient Primault. Reste que certains se sont fait remarquer dans la perle du Danube.

Lacourt, dans le sillage de Manaudou

C’est le cas de Camille Lacourt, triple médaillé d’or. « Il sort du lot parce qu’il a un physique agréable, assure Maître Redouane Mahrach, avocat spécialiste de droit du sport. Il y a un buzz qui s’est créé autour de lui. Les grandes marques de cosmétique vont certainement être attirées par son profil. En fonction du contrat, il peut espérer des retombées de plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros par an. » Des sommes dont on ne parlait pas autour des bassins il y a quelques années. Mais depuis l’avènement de Laure Manaudou, la natation française a pris de l’ampleur. Désormais, les plus gros partenariats flirtent avec le million d’euros.

Deux mois après le fiasco des footballeurs en Afrique du Sud, la voie semble royale pour les stars en bonnet de bain. « C’est une situation intéressante pour eux, admet Maitre Mahrach. Ils ont une image propre. Ils ont levé le drapeau français très haut. Il y a eu des retombées médiatiques importantes. C’est le moment ou jamais d’être vus. » Si possible assez rapidement. Car même si la natation a acquis une certaine renommée, seuls les grands événements passionnent l’Hexagone. Les prochains Mondiaux n’ont lieu que l’an prochain à Shanghai. D’ici là, la plupart des héros de Budapest auront retrouvé l’anonymat. Et seule une poignée trustera le haut de l’affiche.

Alexandre Jaquin avec Vincent Serrano