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Leveaux : « Tout est possible »

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Maillon fort des relais (or au 4x100m, argent au 4x200m), Amaury Leveaux joue sa carte individuelle à compter de ce jeudi sur 50 m (séries à 11h), distance dont il est le vice-champion olympique sortant. En toute décontraction, comme d’habitude.

Amaury, à quelques heures de votre premier plongeon en individuel, quels ont vos objectifs ?

Si j’y vais, c’est pour essayer de faire des médailles parce que c’est possible. Pour le 50m, je suis loin dans les ranking (il pointe au 15e rang, ndlr), mais rien n’est joué d’avance. Tout est possible. Je vais donner le maximum.

L’année dernière, vous regardiez les Mondiaux de Shanghai à la télévision. Quel a été le déclic pour revenir ?

Il n’y a pas eu de déclic. C’est de la volonté. C’est surtout le soutien de ma famille, de mes amis de ma copine. L’année dernière pour Shanghai, je me suis dit : « Ne te prends pas la tête un an avant les JO ». J’ai fait comme en 2008, ça a marché. J’ai été invité un peu à droite, à gauche dans les soirées parisiennes. J’ai fait la fête, j’en ai bien profité, ce qu’on a rarement le temps de faire. Au mois de septembre, quand je suis reparti à l’entrainement, je m’y suis remis. Je n’avais qu’un seul objectif, être à Londres. Et j’y suis.

Quels souvenirs gardez-vous de vos précédentes participations aux JO ?

A Pékin, Usain Bolt au McDonald à trois heures du matin, ça compte ! Sinon, Teddy Riner, que je charriais un peu. On s’est gentiment bagarré (rires). J’ai perdu ! En 2004, je marchais avec un pote et il me dit : « C’est Maurice Greene ! ». Je n’y croyais pas, il faisait 1,50m…

Avec votre titre olympique sur le 4x100m et l’argent sur 4x200m, vous venez sacrément d’enrichir votre armoire à médailles…

Je ne sais pas du tout où sont mes deux médailles de Pékin (argent sur 50m et 4x100m, ndlr) ! Il faut appeler ma mère, elle vous dira. Quand je suis arrivé de Pékin, j’ai montré mes médailles à ma mère, à mes potes. Après, je ne sais plus. Je suis allé dans mon appart’, je les aie posées sur mon plan de travail, elles ont dû y rester huit mois facile. Et puis, ma mère est venue, elle a tout pris. Dans la vie, il faut regarder devant. Les médailles, je les regarde 2-3 semaines après, c’est fini ! Celles des « Europe », elles sont encore dans le sac !

Votre collaboration avec Philippe Lucas fonctionne-t-elle toujours aussi bien ?

Ça se passe super bien. Ce que je cherche en lui, ce n’est pas sa marionnette des Guignols. Elle est exagérée, mais il a un peu de ressemblance Quand on est dans l’eau, j’exige des choses, peut-être absurdes ou qui en valent la peine. C’est pareil pour lui, mais on n’est jamais connecté. Ça va souvent un peu au clash. C’est un mal pour un bien. Je pousse tout le monde. Je suis très vivant, sincère, je dis les choses. Parfois, j’ai le goût de vomi dans la bouche, ce qui indique que je vais quand même loin dans l’effort. Pour lui, ce n’est pas encore assez. Il me fait aller très loin dans la douleur. Quand on dépasse le physique, après il va chercher dans le mental.