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Manaudou : « Encore pas mal de trucs à bosser »

Laure Manaudou

Laure Manaudou - -

Vingt-quatre heures après une mise en jambes sur 50m dos, Laure Manaudou retrouve ce samedi le 100m dos, distance qu’elle nagera aux JO de Londres et sur laquelle elle confie prendre beaucoup de plaisir.

Laure, comment avez-vous abordé cette compétition ?

Assez sereinement. Je suis contente d’être à Paris. On a la chance d’avoir une compétition un mois avant les Jeux en France. C’est un plaisir d’être là, de partager notre expérience et de nager devant le public français.

Même pas une certaine pression ?

Le stress, il viendra une fois qu’on sera à Londres. Pour l’instant, je suis contente de ne pas être stressée. Après, il y a deux sortes de stress. Ça peut être positif ou négatif. Il faut bien savoir s’en servir. C’est vrai qu’au début, quand j’étais avec Philippe (Lucas), c’était du stress positif. A Pékin, c’était du stress négatif. Et là, pour le moment, il n’y en a pas, alors j’en profite.

Selon certains sondages, vous faites partie des sportifs que les Français suivront le plus aux Jeux Olympiques. Ressentez-vous cette attente autour de vous ?

Pas vraiment puisque j’étais aux USA, un peu coupée de la France et de tout ce qui se dit. Je peux comprendre le fait que je sois attendue, mais ça ne va pas changer mes résultats, ma façon de penser ou de nager. Si je suis attendue, ça veut dire que les gens croient en moi et c’est toujours un plus pour tout le monde.

Qu’attendez-vous du 100m dos, dont la finale aura lieu ce soir à 18h54, précisément ?

Je prends plus de plaisir sur 100 m dos que sur 50 m dos. C’est l’épreuve où je me suis le plus préparée. Je suis ici pour prendre des repères. Mais il y a encore pas mal de trucs à bosser.

Avez suivi les sélections américaines et les performances de la jeune Melissa Franklin, qui a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année sur 100 m dos (58’’85) ?

Et oui, Melissa Franklin est incroyable. Je pense qu’elle va battre tout le monde aux Jeux et je pense qu’elle va battre beaucoup de records du monde. On a souvent dit que Franklin, c’était moi en 2004. Je pense que son point fort, c’est que quand on est plus jeune, on plonge, on nage, on ne se pose pas de questions. Et on gagne sans se demander si on tiendra la fin de la couse alors qu’avec les années qui passent, on se pose plus de questions. Mais je ne suis pas envieuse. Cette insouciance, je l’ai eue. Avec l’âge, ça s’en va, et il faut pouvoir l’accepter.

Dans les bilans, vous êtes un peu loin de vos adversaires sur 100 m dos…

Ça me met moins de pression que ce que j’avais imaginé. Aborder les Jeux avec le 10ème temps, c’est plus facile pour moi que de les aborder autrement. On verra ce qui se passe. Ça n’est pas parce que j’ai le 10ème temps au moment des Jeux que je l’aurais toujours à la fin. Je n’ai pas caché mon jeu, j’ai travaillé à Auburn puis avec mes entraineurs et j’espère nager plus vite à Londres que ce que j’ai fait à Dunkerque (2’’08’’06). Je me suis déjà surprise plusieurs fois à l’entrainement, alors j’espère maintenant faire pareil en compétition.

Qu’attendez réellement de ces JO ?

De pouvoir les partager avec les gens que j’aime. De vivre ce qui s’est passé au niveau émotion entre Athènes et Pékin, nager le plus vite possible. Après, tous les sportifs qui sont aux Jeux ont envie de monter sur le podium. Mais je ne peux pas être sûre de ce que vont faire mes adversaires et quel va être leur temps. Ça sera à la meilleure de gagner. Pour l’instant, je veux vraiment me concentrer sur les demi-finales. Une fois que je serai en demi-finale, je me concentrerai sur la finale. Et une fois en finale, on est huit à pouvoir monter sur le podium.