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Marseille nage en plein bonheur

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De retour au pays après leur razzia de Budapest, Camille Lacourt, Fabien Gilot, Frédérick Bousquet et William Meynard ont été accueillis en héros ce mardi matin au Cercle des Nageurs de Marseille.

Ils sont arrivés affublés de T-shirts et de lunettes noires, sous le regard des licenciées du club conquises. Fière des ses champions, Simone a suivi leurs exploits avec ardeur : « Pendant les épreuves, j’ai bondi sur ma banquette ! J’ai même failli prendre un dafalgan à la fin du championnat. J’étais folle de joie. » Habituée des bassins du club, Jeanine avoue son béguin : « Je suis séduite par tous. Ils sont beaux, athlétiques. Je suis sous le charme. »

Méconnus du grand public avant les championnats d’Europe, ces nouveaux dieux des bassins jouissent de leur nouveau statut avec naturel et simplicité. Revenus de Hongrie avec onze médailles, ils consacrent la méthode d’un entraîneur, Romain Barnier, très sollicité pendant la quinzaine de compétition. « J’ai reçu des demandes de beaucoup d’entraîneurs, pour échanger, faire des stages avec nous. C’est le plus beau compliment qu’on pouvait recevoir. Ça veut dire que les athlètes ont été extraordinaires. »

Triple champion d’Europe sur 50m dos, 100m dos et 4x100m 4 nages, Camille Lacourt attribue cette réussite à une forte cohésion d’équipe. « La recette c’est le travail. Quand on est en musculation, on crie, on hurle pour motiver les autres. » Un travail de groupe, élevé au rang de dogme par Romain Barnier : « A l’entraînement, si un nageur échoue, tous les autres recommencent. Ça donne à l’arrivée, la réussite pour tous. Le travail des entraîneurs, c’est de créer cette dynamique et leur prouver que tous ensemble, ils pourront accomplir de grandes choses. »

La réussite du club ne manquera pas d’attirer de nouvelles têtes. Camille Lacourt redoute les dangers d’une trop grande ouverture. « Pour être sportif de haut niveau, il faut avoir un gros caractère. Quant on est dix de mauvaise humeur, l’ambiance devient vite électrique. Le groupe est idéal aujourd’hui. 30 nageurs, c’est impossible. »

Les conseils de Manaudou

Exposé à la une des médias, le visage de Camille Lacourt a séduit des milliers de jeunes femmes. Peu habitué aux sollicitations médiatiques, le jeune homme de 25 ans affiche un léger stress face aux photographes qui le rend presque touchant. Pour affronter sa nouvelle notoriété, le beau gosse a pris conseil auprès de Laure Manaudou. « Elle m’a dit de garder ma vie privée de côté. Pour le moment ce n’est pas effrayant, je n’ai pas encore de paparazzi qui me suivent ! »

Frédérick Bousquet, sacré sur 50m nage libre redoute les méfaits d’une surexposition à long terme. « A l’approche des grandes compétitions, on vivra peut-être différemment cette médiatisation, avec de la pression, l’enjeu du résultat, une obligation de refaire ce que l’on a fait, voire encore mieux. » A Marseille, ce sont aujourd’hui les nageurs qui attirent la lumière et font oublier les déboires de l’« Ohème ». Mais que les footeux se rassurent, Camille Lacourt l’a prédit : « Je suis sûr qu’ils vont rebondir… »