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Pourquoi les Bleus nagent au ralenti

Camille Lacourt seule MPM à Chartres

Camille Lacourt seule MPM à Chartres - -

Huit mois après leurs excellents championnats du monde à Barcelone, les nageurs de l’équipe de France se retrouvaient à Chartres cette semaine pour les championnats de France. Avec à la clé des performances mitigées mais qui s’expliquent.

Les plus anciens avaient fouillé au fond de leur mémoire. Mais personne ne se souvenait de championnats de France de natation durant lesquels aucun record de France n’était tombé. C’est pourtant le cas à l’issue de l’édition qui s’est achevée ce dimanche à Chartres. Avec l’étrange sentiment que cette compétition a ronronné pendant une semaine, sans qu’aucune performance notable ne soit à sortir du lot. Seuls Camille Lacourt, auteur de la meilleure performance mondiale de l’année sur 50m dos, termine ses championnats avec une marque référence. L’année dernière, un record de France et huit meilleures performances mondiales étaient tombées dans le bassin de Rennes.

C’est aussi la première fois depuis 2006 que l’accès à la finale du 100n nage, la « vitrine » de la natation, a été aussi « simple ». « Quand on voit les chronos des autres nations, je crois qu’on n’est pas au niveau », glissait même Florent Manaudou à l’issue de l’épreuve remportée en 48’’69. Un constat également valable pour Yannick Agnel, champion de France du 200m et du 400m, mais seulement sixième du 100m. Derrière le constat brutal des chiffres, deux raisons liées viennent expliquer ces performances en dents de scie. D’abord le fait que cette année 2014 ne soit ponctuée « que » de championnats d’Europe, et non de Mondiaux ou de Jeux Olympiques. Ensuite parce que la compétition se déroulera plus tard (18 au 24 août), permettant aux nageurs d’atteindre leur pic de forme plus tardivement dans la saison.

Barnier : « Les claques vont nous faire du bien »

Par ailleurs, le règlement des championnats d’Europe permet d’emmener quatre nageurs d’une même nation par épreuve, contre deux seulement pour les JO ou les championnats du monde. Les critères de sélection pour cet Euro sont ainsi jugés peu exigeants. Une formalité même pour les leaders de l’équipe de France, qui n’ont pas besoin de forcer leur talent pour valider leur billet. Un choix assumé par la direction technique nationale. « Les tout meilleurs ont nagé moins vite. C’est peut-être ce qui vous donne cette impression, explique Lionel Horter, le DTN. Nous voulions donner du temps à cette génération de nageurs qui est sur le pont depuis longtemps et qui a les Jeux de Rio dans le viseur. Ça n’arrive qu’une fois tous les quatre ans de se retrouver dans cette situation. On avait fait ce choix là et on l’assume. »

Romain Barnier, entraîneur en chef des Français, ajoute : « Le risque, c’est qu’on s’essouffle avant les JO de Rio. Nos grands champions, on les connaît, il fallait les préserver en vue de 2016. » Mais le technicien avertit : « Comme il n’y avait pas cette peur qui les anime avec des temps serrés ou des places, ce n’est pas la même forme de motivation. Les claques vont nous faire du bien, à commencer par le 100m, les relais… Il y a beaucoup de choses à travailler. Mais nos meilleurs ne sont pas devenus mauvais en six mois. Il y a des raisons d’être optimiste. On avait peut-être besoin de redescendre de niveau et d’être surpris. Même nos très talentueux qui avaient l’impression que tout était facile pour eux vont se remettre en question. »

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|||43 sélectionnés pour Berlin

On connait désormais la liste des nageurs français qui participeront aux championnats d’Europe (18 au 24 août). Ils seront 43 à s’envoler pour Berlin et défendre les chances françaises. Camille Gheorghiu, Béryl Gastaldello, Mathilde Cini et Justine Ress ont validé leur billet sur 50m dos. Coralie Dobral se qualifie sur le 200m brasse. Sur le 400m NL, Camille Muffat et Coralie Balmy remplissent leur contrat. « Je suis satisfaite d'avoir mené et d'avoir gagné, glissait Muffat, vainqueur en 4’07’’14. C'est mon meilleur temps de l'année, je voulais bien terminer, c'est pas mal. Je repars de ces championnats avec quatre titres et une médaille d'argent ce qui est plutôt bien, c'est mon record en championnat de France. »

Chez les hommes, Eric Ress et Benjamin Stasiulis, s’engageront sur 200m dos. Quant à Florent Manaudou et Giacomo Perez Dortona, ils ont réalisé les minima sur 50m brasse. « J'ai fait un très bon temps. J'ai regardé les classements européens tout à l'heure et je vois que je fais le 2e temps… donc pourquoi ne pas bosser un peu cette épreuve et éventuellement accrocher un petit podium ? » a même lâché amusé Florent Manaudou, qui a terminé la course en 27’’66. Enfin, Mehdy Metella et Jérémy Stravius défendront les chances françaises sur 100 m papillon avec, à la clé, un premier titre de champion de France pour le premier.

PTa avec JRi à Chartres