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Ces trotteurs venus du froid

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Ils s’appellent Maharadjah, Raja Mirchi, Quarcio du Chêne, Noras Bean ou Juggle Face (Yarrah Boko a finalement décliné la lutte pour blessure). Leur point commun ? Ils viennent tous de Scandinavie pour tenter de battre nos champions !

Le Grand Prix d’Amérique attire toutes les convoitises. Au-delà des allocations alléchantes (1 millions d’euros), cette épreuve promet à son lauréat une fructueuse carrière d’étalon. Si l’Amérique est la plus belle épreuve du monde au trot, ce n’est pas pour rien. Notre élevage y est pour beaucoup, et le profil du tracé de Vincennes, avec sa montée et sa descente, fait également rêver la plupart des visiteurs. La piste aux étoiles forge les champions et offre un spectacle de très haut niveau.

Les américains, qui apprécient également beaucoup le trot, ont d’ailleurs régulièrement traversé l’Atlantique pour fouler la cendrée parisienne, et même remporter l’épreuve. La dernière fut Moni Maker (qui reste la jument la plus riche de l’histoire avec 5,5 millions de dollars de gains), en 1999. Nos voisins transalpins, qui se déplacent de plus en plus dans l’Hexagone (notamment en raison des faibles allocations en Italie), sont également révélateurs de grands champions, comme le fut «Il Capitano» Varenne, qui avait terrassé ses adversaires en 2001 et 2002. Bref, s’ils viennent de différents pays pour toucher du bout du sabot ce rêve américain, les scandinaves restent tout de même nos visiteurs les plus assidus !

Il faut dire qu’en Suède, en Norvège, au Danemark ou en Finlande, on aime les trotteurs ! En même temps, il est difficile d’y galoper, en raison du climat peu propice au pur-sang. Si les chevaux venus du froid glanent de nombreux succès sur nos pistes, ils sont également présents au plus haut niveau. Preuve en est cette édition du Grand Prix d’Amérique, puisqu’un tiers du peloton sera composé de scandinaves aux dents longues.

Le dernier lauréat suédois en date est Gigant Neo (2006)... mais il remporta la course sur «tapis vert», après la disqualification de Jag de Bellouet. Avant lui, Ina Scot (drivée par la seule femme lauréate de l’épreuve, Helen Johannson) en 1995, Queen L en 1993, ou pour revenir plus loin, Dart Hanover en 1973 et Scotch Fez en 1950, avaient déjà porté haut les couleurs de la suède dans la plus belle épreuve du monde au trot. Nos amis Vikings sont donc des habitués du plateau de Gravelle !

Même si la façon de courir est assez différente sur les champs de courses nordiques, où l’on évolue plutôt sur de petits anneaux et de courtes distances, leurs meilleurs chevaux s’adaptent finalement très bien à la piste extrêmement exigeante de Vincennes. Quant au climat rencontré le dernier week-end de janvier, disons qu’il aurait tendance à avantager leurs chevaux. Seul le départ «volté» et la tension liée à l'événement représentent finalement les plus grosses difficultés d’adaptation. En Scandinavie (comme aux Etats-Unis d’ailleurs), les chevaux s’élancent généralement derrière les ailes de l’autostart.

Avec une coalition encore importante cette année, les trotteurs venus du froid devront être respectés par la crème des équidés tricolores.

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