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Le Grand Steeple, une histoire d'homme

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Évidemment, ce sont les chevaux qui gagnent les courses, mais certains «pilotes» font parfois la différence. Pour gagner le Grand Steeple-Chase de Paris, l’homme (ou la femme) qui est en selle doit être aussi affuté que son bolide à quatre jambes... et chanceux !

Pourquoi le Grand Steeple-Chase de Paris est-il une course si particulière ? Le parcours, exigeant y est pour beaucoup, certes, mais il faut bien admettre que la chance reste un facteur clé de l’obstacle. Savoir "provoquer" sa chance est souvent l’apanage des grands jockeys. Christophe Pieux, l’homme aux quinze Cravaches d’Or, véritable légende du turf, jeune retraité, a gagné à trois reprises la plus belle épreuve du calendrier français en obstacle. Au cours de son immense carrière, il aurait pu en gagner plus. Mais il lui a parfois manqué ce petit brin de baraka. Lui-même le confesse, «même avec une première chance, rien est acquis !» C’est d’ailleurs par hasard qu’il fut associé à Line Marine, lauréate en 2003, son jockey habituel étant mis à pied. La suite, on la connait, une autre victoire avec Sleeping Jack en 2005, pour son premier patron Jacques Ortet, puis le douloureux succès avec Remember Rose (2009). Pourquoi douloureux ? Non seulement parce que Christophe terminera le parcours avec une fracture ouverte du pied, qui a frôlé de trop près la lice à mi-parcours, mais également parce que le même Remember Rose l’avait éjecté au départ l’année précédente... alors qu’il était grand favori.

Le record de victoire dans le Grand Steeple est toujours détenu par Jean Daumas, qui parvint à franchir le poteau en tête à cinq reprises, dont trois avec le phénoménal Hyères III (1964, 1965, 1966). Par rapport à la discipline du plat, c’est finalement énorme ! Imaginez qu’Yves Saint Martin, Freddy Head et Olivier Peslier possèdent chacun quatre cordes à leur Arc... de Triomphe. Sachant que, par la force des choses (et surtout des chutes), la carrière d’un jockey de plat dure généralement plus longtemps que celle d’un sauteur, inscrire cinq Grand Steeple à son tableau de chasse reste un exploit difficile à égaler.

Pour la petite anecdote, puisque l’on parle de chance mêlée de talent, difficile de passer sous silence l’incroyable périple de Mandarin. C’était en 1962 et la course était alors longue de 6.500 mètres ! À plus de 1.000 mètres de l’arrivée, les rênes cèdent et le britannique Fred Winter, jockey de Mandarin, se retrouve donc «sans volant». Au-delà de la difficulté à rester en selle sur les plus gros obstacles d’Auteuil, il est impossible de diriger son partenaire sans son principal harnachement. Les autres jockeys faisant preuve de sportivité, Mandarin et Winter se retrouvent encadrés par d’autres concurrents dans le dernier tournant. L’entraide sera de courte durée, puisque Mandarin franchira le poteau en tête, son jockey juché à califourchon sur l’encolure !

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