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Les tournois satellites au poker

Antoine Vannini, consultant poker RMC.

Antoine Vannini, consultant poker RMC. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Comme chaque lundi un professionnel de l'antenne soigne votre poker. Cette semaine, le consultant de l'émission "Docteur Poker" Antoine Vannini aborde le thème des tournois satellites au poker.

Définition

C’est un sujet qui concerne directement Dimitri Monfroy (qualifié sur Bwin.fr et 2ème du WPT National Bruxelles pour 72.000 euros) et qui a énormément contribué à la popularisation du poker de tournoi, les satellites. Le principe est génial. Réunissons des joueurs dans un tournoi qui permet de se qualifier pour un tournoi au buy-in supérieur, en répartissant les tickets selon le nombre d'entrées et le prizepool généré.

Ainsi, 10 joueurs payent 1.000 dollars, le vainqueur (et seulement le vainqueur) repart avec un ticket pour un tournoi à 10.000 dollars. Pour 30 joueurs, il y aura 3 tickets, et pour 15 joueurs, un ticket et 5.000 dollars à redistribuer, etc. Les satellites permettent aux joueurs de disputer les plus beaux tournois sans risquer nécessairement le buy-in.

La belle histoire de Chris Moneymaker

C'est évidemment Chris Moneymaker l'exemple le plus connu en la matière, lorsqu'il transforma ses 66 dollars en 2.500.000 dollars lors du Main Event des WSOP de 2003. Bien d'autres légendes du poker ont écrit leurs histoires avec les satellites, comme Stephen Chidwick, qui s'était qualifié, lors d’une même année, plus de 100 fois pour le même Main Event des WSOP à 10.000$, ou Pierre Neuville, le “serial qualifier” des EPT, dont la femme refuse qu'il direct buy-in, et qui du coup joue tous les satellites possibles pour participer au circuit européen avec la régularité qu'on lui connaît depuis 5 ans.

Comment choisir ses satellites?

Si les tournois satellites sont effectivement une aubaine pour les plus petites bankrolls, notamment pour l'effet de levier possible, tant en termes de gains sur les tournois les plus chers, que de plaisir ou d'objectifs de participer à ce type d'évènements, il ne faut pas non plus les jouer les yeux fermés. La gestion de notre capital avant de décider de participer à un tournoi satellite va tenir compte des paramètres habituels. Le prix d'entrée, le field ou encore la structure sont donc des données à prendre en compte

J'ai tendance à préconiser de ne pas dépasser 2% de notre bankroll dans le buy-in du tournoi pour lequel on souhaite se qualifier. Il faut donc 50 buy-in, soit 10.000 euros pour se qualifier pour un 200 euros. C'est très strict, comme souvent lorsqu'il est question de gestion de bankroll, mais on fera une exception pour les tournois live et les tournois online « exceptionnels ».

Quelques exceptions lors de gros tournois

En effet, il ne faut pas passer à côté du potentiel effet de levier des « gros tournois » à 100.000 euros et plus de prizepool. C'est un risque-récompense trop avantageux pour les joueurs. Vous pourrez donc tenter de vous qualifier pour ces tournois tant qu'ils ne dépassent pas 10% de votre capital.

La stratégie à adopter sur un sattelite.

Le jeu en satellite multi-table ressemble à un tournoi classique dans ses premiers niveaux. Cependant l'idée de répartir le prizepool en ticket et non en gains bouleverse l'ICM, la valeur réelle des jetons que l'on prend en compte dans nos décisions. De fait le risque-récompense d'engager son tapis tôt dans le tournoi, ou à l'orée des places qualifiantes sera toujours très désavantagé.

L'effet bulle est maximum en satellite, et les erreurs sont interdites à ce moment clé. Il faut très vite adapter sa stratégie à son tapis et profiler au mieux pour choisir des situations d'agression ou de conservation.

Attention également à ne pas se retrouver écrasé par l'enjeu si on venait à se qualifier, et à modifier notre stratégie en vue d'atteindre avant tout les places payées. Cette stratégie s'avère seulement logique quand on s'est qualifié en freeroll, ou en partant de vraiment très bas.

JS