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Les valets, la main la plus dure à jouer?

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Comme chaque lundi un professionnel de l'antenne soigne votre poker. Cette semaine, le consultant de l'émission "Docteur Poker" Antoine Vannini vous explique comment jouer les valets.

Deuxième chapitre de notre VIDAL des mains à problèmes, nous nous penchons ce soir sur certainement la deuxième bête noire des joueurs de poker débutants, après Anna Kournikova, dans le même genre très jolie, mais qui perd beaucoup, les valets, ou jacks, ou hameçons.

On a tous maudit un jour ces mignons, après un empalage en règle sur les as, un flip contre as-roi ou une overpaire perdue post-flop

Pourquoi cette main nous pose-t-elle tant de problèmes ?

Sur le papier, elle est pourtant au sommet des mains, seulement dominée par les as, les rois et les dames, et seulement en coin-flip contre as-roi, as-dame et roi-dame. Les valets dominent donc 162 mains sur les 168 autres mains possibles de départ du texas hold'em.

La nuance principale de la force des valets, c'est la profondeur de notre tapis et le profil de nos adversaires.

Si on est short-stack, notre décision sera trop souvent mathématiquement correcte pour ne pas partir à tapis, même si un hero-fold est toujours possible dans certaines situations, contre une serrure UTG à la bulle d'un satellite, etc.

C'est donc dans des situations deepstack, en cash-game ou en début de tournoi, que cette main devient délicate.

Contre un adversaire solide en début de tournoi qui ouvre en début de parole, on préférera ainsi souvent payer préflop et jouer l'équité de notre main après le flop.

Différentes situations possibles

Notre adversaire ouvre avec beaucoup de joueurs en position sur lui et des blindes faibles. Il ne va donc pas être en vol de blindes très souvent ici, mais simplement avec un éventail solide, contre lequel notre main est cependant toujours favorite.

Si on le sur-relance, en revanche, il va coucher les mains que nous dominons, comme les petites paires, les combinaisons Jx, comme Ajo, KJ, JT, des connecteurs assortis etc..., et nous allons isoler ses meilleures mains, et nous ne partirons à tapis que contre ses premiums qui nous dominent.

D'autre part, nous verrons une over-card à nos valets une fois sur deux au flop, ce qui va compliquer nos perspectives de valorisation post-flop.

C'est là que le profil de nos adversaires intervient, il s'agira d'anticiper les décisions de nos adversaires, et ainsi d'alterner entre prudence et agressivité. Si on pense que notre adversaire peut envoyer ses 60 blindes avec une paire de 7 ou AJ, alors on essaiera de l'y pousser.

Si on pense que la serrure qui nous envoie une mise au flop et à la turn a trop souvent mieux que notre overpaire, alors on se couche.

Conclusion

Comme souvent au poker, le vaccin contre le gaspillage de jetons avec les valets n'existe pas. C'est une main « palier », dont la force ne suffit pas toujours à gagner les pots, les qualités requises pour la maitriser sont précisément les jalons de notre progression, stratégie, anticipation, risques calculés et adaptation.

JS et AV