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Quand le poker fait déjouer les footballeurs de Premier League

Encore un footballeur de Premier League qui a joué au poker...

Encore un footballeur de Premier League qui a joué au poker... - AFP

Apprécié des footballeurs, le poker a fait depuis longtemps irruption dans les hôtels ou les bus des équipes. Et la question de se poser : les pertes éventuelles cartes en mains peuvent-elles avoir une influence sur le terrain balle au pied ? Un chercheur de l’université de Chester a étudié la question. Et sa réponse est sans appel. Le poker a bien des conséquences néfastes sur les footballeurs.

Neymar, Ronaldo (le Brésilien), re-Ronaldo (Cristiano, le Portugais), Gerard Piqué, Vikash Dhorasoo, Denilson, Renato Civelli, Teddy Sheringham, Tomas Brolin, Tony Cascarino ou encore Raymond Domenech. Non exhaustive, la liste des anciens ou actuels footballeurs ayant développé une passion pour le poker montre les liens forts existant entre le monde du ballon rond et celui des cartes. Des attaches qui peuvent parfois jouer des mauvais tours à nos amis footeux. Ces derniers jours, un article publié par The Telegraph a évoqué le problème. Thème évoqué ? « Les joueurs de Premier League (championnat d’élite du football anglais, ndlr) sont moins performants à cause de l’inquiétude causée par les pertes au poker lors des parties disputées dans le bus de l’équipe ou à l’hôtel ».

Une affirmation tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Chercheur à l’université de Chester (Angleterre), Graeme Law a étudié la question dans le cadre de son doctorat. Après avoir interrogé 34 anciens ou actuels joueurs professionnels, dont des internationaux, Law a présenté ses conclusions jeudi dernier à l’occasion de la conférence annuelle de la British Sociological Association. Alors, le poker a-t-il des conséquences sur les performances sportives de ces joueurs ? A l’évidence, oui. « Les joueurs concernés par des pertes au poker n’ont pas été en mesure de fonctionner au niveau attendu et cela a provoqué du ressentiment dans leur équipe à propos de leur participation à des jeux d’argent », résume le chercheur. Qui développe. Si les footballeurs « utilisent des sites de jeu online pour cacher cette habitude à leurs coéquipiers », les conséquences sur leur jeu ne trompent pas.

« J’avais perdu beaucoup et je ne pensais qu’à ça durant le match »

Un joueur de Premier League témoigne : « J’avais perdu beaucoup et j’ai fait un match de merde car je ne pensais qu’à ça durant la rencontre ». Discours similaire chez un autre joueur de PL : « Sur le chemin d’un match, un coéquipier avait perdu 2000 pounds (environ 2500 euros au taux actuel, ndlr). Il n’avait que 18 ans et son match a été très mauvais. » Un ancien joueur de Championship (deuxième échelon du football anglais) devenu entraîneur livre pour sa part une analyse plus globale : « J’ai vu beaucoup de joueurs perdre beaucoup d’argent et enchaîner avec une mauvaise performance sur le terrain. Quand je suis devenu manager, j’ai essayé de faire interdire les cartes. Mais on ne peut pas vraiment arrêter cela. »

Le dernier témoignage implique un international de Premier League et fait froid dans le dos : « J’adorais parier dans le bus mais c’est devenu pire quand j’ai pu le faire online. Je pouvais jouer tout le temps sans que personne ne le sache. J’ai beaucoup perdu. Ma femme l’a découvert au bout d’un an, elle m’a aidé et désormais j’arrive à me contrôler. Mais la culture des paris et des jeux d’argent existe dans le football et elle peut être très dangereuse quand elle vous prend dans ses filets. » Mais au fait, pourquoi tant de passerelles footballeurs-poker ? Après son étude, Graeme Law a sa petite idée sur la question. « Les joueurs pratiquent des jeux d’argent pour tuer l’ennui lors des déplacements à l’extérieur ou après les entraînements lors des stages d’avant-saison, précise le chercheur. Contrairement à ce que pense le grand public, la vie des footballeurs est réglée comme du papier à musique, avec beaucoup de contraintes, donc ils s’ennuient vite. » Rien de mieux qu’une quinte flopée pour faire passer tout ça.