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L'Analyse L1 du week-end par Ekisteros!

  • Vous avez encore été nombreux à poster votre analyse! c'est de plus en plus difficle de choisr! Cette semaine c'est une analys L1 qui m'a bien plu!

Le Big4 n'est pas mort!

Vous aviez prévu quelque chose pour le week-end du 20/21 Mars? Un conseil: annulez de toute urgence, réservez la télécommande et le canapé, et faites preuve d'autorité (ou de diplomatie, chacun sa méthode) dans le toujours renouvelé rapport de force conjugal. Ce beau week-end printanier, ce sera football! Ce sera L1! Et ce sera Big4!

Le Big4, ce produit britannique importé qui squattait les analyses de la L1 à la fin de l'été, était mort. Pas adapté à la culture et à l'histoire de notre championnat, faite d'incertitudes, de surprises, de « petits » qui battent les « gros » et mettent à mal toute hiérarchie trop rigidement établie. Mis à mal par un membre récalcitrant, englué dans des faiblesses structurelles que les colères de plus en plus vaines d'Antoine Kombouaré ne parvenaient à compenser. Miné aussi par la révélation montpelliéraine, savant mélange de jeunes pousses prometteuses et de vieux briscards sous-médiatisés. Les cartes étaient rebattues, et le Gros Quatre qu'appelait de ses vœux la plus célèbre moustache du football français (après Guy Lacombe bien sûr...), en avait profité pour retraverser la Manche illico-presto.

Et pourtant, hasard du calendrier (?), la 29ème journée de L1 verra les quatre membres du Big4 en découdrent dans ce qui pourrait constituer le tournant de ce championnat. Dimanche 21 Mars, OM-OL, l' « Olympico » comme le qualifieront nos amis spécialistes des néologismes cryptés. Et la veille, le champion bordelais recevra... le LOSC!

Un Big4 est bel et bien en train de naître cette année en France. Encore faut-il avoir la lucidité d'en discerner les membres! Ce week-end, l'OM, l'OL et Lille ont mis la pression sur le leader girondin.

L'OM a disposé assez aisément d'une équipe de Nancy pourtant entreprenante, alignant au coup d'envoi quatre joueurs à vocation offensive (Féret, Efoulou, Malonga et Dia). Cette audace aurait pu s'avérer payante face à des marseillais quelque peu usés par leur fructueuse escapade danoise du milieu de semaine. La 1ère mi-temps a d'ailleurs été équilibrée, les contre-attaques lorraines déstabilisant régulièrement une arrière-garde phocéenne dont les automatismes avaient été chamboulés par le retour d'Heinze dans l'axe gauche, et la titularisation de Kaboré sur le flan droit. Mais l'OM, comme souvent depuis quelques semaines, ne s'est pas affolé après la réduction du score, et a su l'emporter sans trop puiser dans ses réserves. Un Niang (comme souvent) inspiré et décisif, un Lucho démontrant match après match qu'il sera sans doute la saison prochaine LE joueur que l'OM attendait depuis des années, et tout devient plus simple. En évoluant à leurs côtés, Valbuena, Ben Arfa, et même Edouard Cissé (tout devient possible...) parviennent à hausser leur niveau de jeu. Cet OM-là, solide et créatif, peut voir venir. Dans une semaine, il testera ses nouvelles aptitudes au Parc des Princes. On en salive par avance!

L'OL, quant à lui, a confirmé de la plus belle des manières son retour aux affaires. Après son très bon match face au Real en milieu de semaine, on voulait savoir si le Lyon de Puel était capable de reproduire ce type de performance en championnat, et si la dynamique positive de 2010 pouvait être maintenue. En dépit de la faiblesse sochalienne du soir, la réponse est claire et limpide: Oui, l'OL est de retour! Si tout n'est pas encore parfait dans l'expression collective de cette équipe, la mentalité a clairement évolué, et les joueurs majeurs reviennent en forme. A l'image de Michel Bastos, sur le banc face au Real, et auteur d'un triplé ce soir. Lisandro a couronné la soirée d'un but qui relance son compteur personnel. 16 points en 6 matchs en 2010: les signaux sont au vert côté lyonnais, et l'on peut déjà se demander si les médias comme les supporters lyonnais n'ont pas enterré leur équipe un peu trop vite...

Ayant pris connaissance de ces deux résultats, les Dogues de Rudi Garcia étaient sous pression à 21h à Rennes. Opposés à une équipe jamais meilleure qu'en présence des caméras de Canal+, trois jours après un match intense en Europa League, la tâche s'annonçait rude pour les lillois. Mais le LOSC a répondu présent, mentalement et physiquement. Le jeu pratiqué par cette équipe est incontestablement, en ce moment, le plus abouti de L1 d'un point de vue collectif. Les prestations des Balmont, Hazard, Frau, Mavuba, Debuchy ou Rami sont régulièrement de haute facture. Rudi Garcia semble tenir son groupe de main de maître. Ce club semble progresser mois après mois, sorties après sorties. Et hier, face à un Rennes en mode « Courant Alternatif » où l'excellent Sylvain Marveaux semblait bien esseulé, les lillois ont réussi à arracher en fin de match trois points capitaux, en dépit d'une deuxième période assez pauvre où les rennais auraient pu prendre l'avantage. Ni Lyon, ni Marseille, ni Bordeaux n'avaient battu le Stade Rennais cette saison; les lillois l'ont fait! Leur fin de saison s'annonce palpitante...

La notre aussi d'ailleurs. Si Montpellier pourrait s'essouffler après une saison extraordinaire, Bordeaux devra se méfier du retour des chasseurs lillois, lyonnais et marseillais. Bordeaux, OL, OM, LOSC, voilà peut-être le vrai Big4! Ces quatre clubs, qui sont les plus réguliers en L1 sur les 5 dernières saisons, réussissent en coupes d'europe, à l'image des trois victoires tricolores de cette semaine, et en attendant l'odyssée bordelaise en LDC mardi. Ces quatre clubs progressent structurellement (trois d'entre eux sont dans l'attente d'un nouveau stade, le quatrième devrait rénover le sien sous peu). Ils semblent disposer d'un organigramme solide, en dépit de soubresauts conjoncturels (tragicomédie lilloise du mois de Juillet, chamboulement estival de l'OM). Enfin, ils disposent d'une nouvelle génération d'entraîneurs français ambitieux, qui semblent vouloir inculquer une mentalité différente à leurs joueurs. Si leur domination sur la L1 n'est pas entérinée, cette émergence de véritables locomotives du football français pourraient être l'élément marquant de ces prochains mois.

Cette fin de saison va sans nul doute nous régaler, occuper nos esprits et nos week-end. On reprendrait bien un peu de L1 très rapidement. Au fait, vous n'avez rien de prévu le week-end du 20 mars?