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Petit pays, grande medaille !

Malaisie, Venezuela, Grenade, Estonie, Ouzbekistan, Guatemala… Ils sont nombreux ces pays généralement absents des palmarès à s’enflammer pour leur seule médaille. Ils transforment ce podium en un événement historique pour la patrie. Chypre, par exemple, a décroché hier la première médaille olympique de son histoire grâce à Paulos Kontides, deuxième à la voile dans la série Laser. La presse chypriote en a fait ses gros titres, expliquant que cette médaille était la première bonne nouvelle depuis longtemps pour le pays, dans un contexte de crise économique totale à Chypre, qui subit de plein fouet la crise grecque. Le Président de la république chypriote a promis d’attendre son médaillé au pied de l’avion à son retour, et une parade est programmée à Limassol, la ville de Kontides.

Le Guatemala s’est également enflammé pour la première médaille d’argent de son histoire, décrochée avant-hier sur le 20 km marche par Erick Barrondo. Tout comme la petite île de Grenade dans les Caraïbes. Grenade, juste deux fois plus grande que l’île d’Oléron, était surtout célèbre pour ses noix de muscade, ses clous de girofle et l’invasion américaine dont elle a été victime en 1983, quand des Grenadins y avaient décrété un état socialiste… Mais depuis avant-hier, Grenade est aussi connue grâce à Kirany James, champion olympique du 400m, qui a fait ensuite l’éloge de son petit pays méconnu. L’Ouzbek Rishod Sobirov, seul médaillé de son pays au judo, peut lui regretter de n’avoir que le bronze. Avec l’or, il aurait reçu une prime d’un million de dollars de l’état ouzbek, qui n’attendait que ça pour réaliser une belle opération de communication internationale.

Certains athlètes médaillés deviennent même de vrais ambassadeurs de leur micro-état après leurs médailles. C’est le cas, par exemple, du champion du monde du 100m Kim Collins, qui vient du minuscule archipel de Saint Kitts et Nevis, situé dans les Caraïbes, au Nord de la Guadeloupe. Collins, à la surprise générale est devenu champion du monde en 2003 et depuis, il est l’ambassadeur itinérant de son pays. Un portrait géant de l’athlète accueille tous les visiteurs qui débarquent sur l’aéroport local, et son forfait de dernière minute ici à Londres a catastrophé son île. Collins explique avoir renoncé à courir le 100m des Jeux car l’encadrement de l’équipe de Saint Kitts et Nevis voulait le sanctionner pour avoir quitté le Village olympique après avoir rejoint son épouse dans un hôtel londonien. Du coup, Kim Collins ne veut plus courir pour son pays. Et depuis ses compatriotes accusent les entraîneurs de crime de lèse-majesté !

Gilbert Brisbois

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