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Philippe Auclair 22/02

Il y a un miracle Arsenal. C’est qu’ils sont encore dans le coup dans deux compétitions (regardez leur calendrier; le déplacement à Stoke le week-end prochain ne sera pas une partie de plaisir, mais, sinon...), alors que, franchement, cela fait belle lurette qu’ils devraient être largués. Pas de gardien, même si Almunia a peut-être livré son meilleur match de la saison contre Sunderland. Une infirmerie qui a plus d’occupants que le vestiaire – j’exagère à peine. Une politique de non-recrutement incompréhensible. Un avant-centre...au fait, y en a-t-il seulement un? Bendtner progresse, mais n’est certainement pas un Drogba ou un Torres (qui a enfin rejoué, une vingtaine de minutes seulement). Des millionnaires qui ont tout juste passé les vingt piges et qui passent aussi à travers les gros matchs (suivez mon regard). Chelsea et Man U qui leur passent sur le corps. Mais les Gunners sont toujours là, avec un Song et un Eboué énormes face aux baraques de Sunderland. Cesc Fabregas aussi – mais pour combien de temps? Son regard après le match contre Porto: c’était celui d’un homme qui en avait marre, marre, marre de se faire démolir...pour quoi? Pour un miracle, peut-être.

Nous nous sommes tant aimés”. Patrick, tu te souviens? Highbury, Cardiff? Le scénariste de son dernier acte, celui d’Eastlands, est un imposteur. Trois matchs de suspension pour un vilain geste, une saison qui s’effiloche avant d’avoir commencé. Capitaine Vieira mérite beaucoup mieux que ça. Une Coupe du Monde, je n’en suis pas sûr, mais à tout le moins une sortie de scène sous les vivats. Non, pas ça.

Pour Everton, le temps des regrets. Je m’étais un peu avancé début janvier en vous disant que la seconde moitié de la saison serait placée sous le signe des Toffees. La seconde moitié seulement, hélas. Ah, s’ils avaient su, rien que cette fois, négocier les trois premiers mois de la saison...Mais non. Saluons néanmoins David Moyes et ses hommes. Ils méritaient de gagner à l’Emirates (2-2). Ils ont battu Chelsea. Et, samedi, c’est MU qui est passé à la trappe – alors qu’Everton avait perdu Fellaini et Cahill, blessés, le premier gravement. Comme face à Chelsea, Everton avait vu son adversaire prendre l’avantage. Gosling et Rodwell (futur international anglais, sans le moindre doute) ont marqué (tandis qu’un ancien Evertonien, Rooney, marquait le pas, lui). Joli symbole: deux buts inscrits par deux produits de l’académie de ce club qui n’a rien perdu de ses valeurs fondatrices. Le XI du week-end? Celui d’Everton, en bloc.

United était devenu champion grâce à sa défense l’an passé. Cette fois-si, avec six défaites au compteur, il faudrait un miracle (une fois de plus, regardez le calendrier) pour qu’ils empêchent Chelsea de leur chiper le titre. Voire Arsenal de les coiffer sur le poteau. United a désormais concédé autant de buts sur les 27 premières journées de cette saison que sur les 38 de la précédente. Pourquoi? Les blessures, bien sûr; mais elles avaient aussi frappé United l’an passé. Un mot, ou plutot, un nom: Vidic, le patron de leur back-four. Sur le banc contre Everton, alors qu’il était en état de jouer. Vidic qui, malgré ses dénis, prépare son départ d’Old Trafford pour – probablement – la Liga, même si on dit Milan intéressé par le Serbe. Jonny Evans, sur qui on comptait tant, avait été ‘ciblé’ par Everton, et vit mal son élévation au rang de ‘titulaire par défaut’. Patrice Evra a un gros coup de moins bien, la conséquence, peut-être de l’accumulation des matchs (36 au compteur, dont les 27 de championnat, plus ceux en sélection). Rio Ferdinand inquiète: on le croit rétabli, il craque à nouveau. Et United doute, non sans raison.

Chelsea a fait le boulot, comme à son habitude, même si cela a été beaucoup plus difficile que prévu à Molyneux, en raison notamment d’une performance énorme du jeune Algérien Guedioura dans le milieu de terrain des Wolves. Petr Cech, décisif sur deux énormes occasions des hôtes, a confirmé que sa soi-disant ‘crise’ était davantage dûe à un flottement collectif qu’à un déclin personnel. Drogba...que dire qu’on n’a pas déjà dit de DD? Les stats: 6ème doublé de la saison pour l’Ivoirien (5 en championnat), à 3 semaines de son 32ème anniversaire. Et il n’était pas au mieux. 19 buts en 22 matchs de Premiership, ça nous fait...0,83 but par match. Rooney? 0,81. Didier est en excellente compagnie.

J’étais tenté d’ajouter le nom de Julien Faubert à mon XI du week-end (aucun candidat à l’inclusion dans un Man City-Liverpool archi-nul, que je passerai sous silence. Trop déprimant). Car l’homme invisible du Real a été épatant contre Hull. Une passe décisive de toute beauté pour le but du 2-0, et une frappe qui ne l’était pas moins pour assurer la 2ème victoire consécutive des Hammers (invaincus en 5 rencontres), qui ont cela dit du pain sur la planche. Trois de leurs quatre prochaines rencontres sont des déplacements. A Old Trafford, à L’Emirates, et à Stamford Bridge!

Après un bref coup de chapeau aux fans de Portsmouth, qui étaient plus de 17 000 pour la venue de Stoke (7ème but de la saison pour Piquionne), alors que leur équipe est condamnée, j’en finis par un sujet qui tient beaucoup à coeur à Daniel: ces clubs qui se plaignent de jouer deux fois par semaine. Tiens-toi, bien, Daniel, jeudi dernier, Fulham jouait son...42ème match de la saison. Dimanche, contre Birmingham, son 43ème. Le 21 février! Voilà trois semaines que les Whites jouent sur un rythme de 3 rencontres tous les sept jours. Et ils feront pareil sur les trois semaines à venir. On comprendrait que Roy Hodgson, avec un effectif taillé au vif par les blessures (il lui manquait un pro pour présenter une liste complète à l’UEFA), se plaigne de ce calendrier démentiel. Mais il ne le fait pas. Jeudi soir, après la victoire 2-1 de Fulham sur un Shakhtar Donetsk dont je qualifierais le jeu ainsi: ‘délicieux’ (quel joueur que cet Ilsinho!), il nous disait: ‘c’est dur, évidemment – mais c’est aussi la preuve que ce club avance. Il y a deux ans, nous étions relégables. Ce soir, nous avons battu les vainqueurs de la Coupe de l’UEFA. Nous avons un quart de finale de Cup à venir. Ce n’est pas un boulet que nous traînons, c’est une récompense.”

Plus tard, en zone mixte, je croise Simon Davies. “Je suis claqué, mais je m’éclate”, lance-t-il. Brede Hangeland, aussi: ‘je ne vois pas comment gagner pourrait être un problème’.

Un jeudi soir, en pleine crise, sous la pluie battante, il y avait 21 000 spectateurs à Craven Cottage pour un 16ème d’Europa League. Pratiquement plus une place à vendre – le club avait cassé les prix: 15€ le ticket, 5€ pour les gamins, les chômeurs et les retraités. Tout ce beau monde savait que les Whites iraient au charbon.

Trois jours plus tard, au tour de Birmingham City de s’incliner 2-1, avec Bobby Zamora encore une fois en vedette, et sous les yeux de Fabio Capello. Son 15ème but cette saison. ‘Bobby for England’? Et pourquoi pas? Tu comprends, Daniel, pourquoi j’adore ce club?

A tout de suite sur le chat et au micro!

PS: Je vous l’ai déjà dit? Peut-être pas. Vous pouvez me suivre – et me contacter – via Twitter sur http://twitter.com/philippeauclair. Même une émission aussi ‘ouverte’ que les DDD (et son blog) ne permettent pas d’aborder tous les sujets que vous évoquez dans vos appels et vos messages. J’essaie de pallier ce manque par mes tweets.