RMC Sport

Philippe Auclair - 24 janvier

Manchester City: l’objectif n’est pas la conquête du titre, mais la préparation à celui qui viendra...

Un blog un peu écourté aujourd’hui, la faute à un virus aussi opiniâtre que désagréable, et à l’effet boule de neige qu’il a eu sur un emploi du temps déjà bien chargé. J’essaierai de compenser cela en répondant à vos questions en direct sur le blog des DDD pendant l’émission de ce soir. A ce sujet, n’oubliez pas: je fais une dernière visite à cette page à la conclusion de l’émission; venez donc y faire un tour demain matin pour voir les plus tardives de mes réponses. Ayant fait de Robin van Persie mon homme du week-end, je n’en dirai pas plus sur la performance d’Arsenal à l’Emirates contre les schizophrènes de Wigan, qui avaient choisi la mauvaise journée pour montrer leur plus mauvais visage, leur gardien omani Al-Habsi excepté.

Un autre homme du week-end aurait pu être Dimitar Berbatov, évidemment. Avec 17 buts en 19 matches, si je ne m’abuse, Berba a passé la surmultipliée cette saison. Mais on ne souligne peut-être pas assez à mon goût le rôle qu’a joué Wayne Rooney dans la raclée passée aux tristissimes Blues de Birmingham City. Certains des mouvements amorcés par ce duo (avec Ryan Giggs en troisième base du triangle, génial par moments) étaient de toute beauté. C’est un autre signe que Man U, comme à sa bonne habitude, monte en puissance au bon moment: bravo à sir Alex et à ses préparateurs physiques. Ajoutez Valencia à l’équation, et vous avez une équipe qui n’a pas seulement le profil d’un futur champion (même si la lutte avec Arsenal se poursuivra jusqu’au bout, j’en suis convaincu), mais a aussi le potentiel d’aller très loin en Ligue des Champions. On sait ce que ca coûte de sous-estimer United...

L’événement du week-end demeure, plus que le 3-0 de Liverpool chez les Wolves, avec un grand Meirelles, la défaite de Manchester City à Aston Villa. Je l’avais pronostiquée dans les paris RMC de vendredi (pour une fois que je ne trompe pas, je ne vais pas me gêner! ), et avec un but de Bent à la clé. Pourquoi? D’une part, parce que Villa progresse – voir ses matchs à Stamford Bridge et dans le derby de Birmingham – et parce que l’arrivée d’un authentique buteur devait lui donner un coup de fouet immédiat; de l’autre, et surtout, parce que l’arrivée d’un ‘grand’ joueur au profil inédit a toujours un effet déstabilisateur sur le système en place, surtout lorsqu’il a fallu cravacher pour le faire fonctionner. Je veux parler d’Edin Dzeko, évidemment, qui sera à n’en pas douter un atout majeur pour Mancini dans les mois et années à venir, mais dont l’arrivée force son entraîneur à repenser l’organisation de son onze de départ, sur laquelle il avait travaillé depuis le début de la saison, et qui semblait en voie d’avoir trouvé une forme durable. Contre Villa – comme contre les Wolves, battus 4-3 le week-end dernier -, l’Italien a changé de système à mi-match. Un faux 4-4-2 en première période, un faux 4-3-3 en seconde. Pourquoi ‘faux’, dans les deux cas? Parce que Tevez et Dzeko, en particulier, ne savaient comment se placer sur le front de l’attaque pour commencer; parce que Silva, d’abord placé à droite, repiquait sans cesse au centre, tandis que le Bosnien avait du mal à influencer le jeu depuis le flanc opposé. Une fois Johnson entré en jeu, les Citizens ont enfin commencé à poser des questions aux Villans – mais trop tard. A terme, nul doute que Mancini trouvera une meilleure façon de battre ses cartes; j’irai jusqu’à dire que cette seconde moitié de saison est une répétition générale pour celle à venir. En prenant une place en Ligue des Champions, ce qu’il fera probablement, l’entraîneur aura rempli son contrat. En faisant venir Dzeko six mois plus tôt, il se sera donné le temps de préparer une machine à gagner des titres en 2011-12. Voilà pourquoi recruter un élément comme Dzeko en janvier n’est pas une erreur de timing, mais un calcul.

Ce calcul fera néanmoins beaucoup de mal à quelques éléments du groupe de City – je pense à James Milner, par exemple, mais aussi à Johnson et à Gareth Barry. Imaginez un quatuor offensif Dzeko-Balotelli-Tevez-Silva. Pas mal, avouez-le. Mais que vous reste-t-il? Deux places en milieu de terrain, qui semblent promises à Yaya Touré (retrouvant le rôle qu’il avait à Barcelone) et à l’indispensable destructeur qu’est Nigel de Jong. Vous remarquerez également que pas un seul joueur de couloir naturel ne figure dans le carré d’as précité, d’où un risque d’encombrement dans l’axe, car ni Zabaleta ni Kolarov ne sont Dani Alves ou Patrice Évra. Parlant de Dani Alves, je ne serai pas si surpris que cela qu’il figurât dans les plans de Mancini pour l’été: il a parlé de ‘deux ou trois recrues’ à venir, et le Brésilien, en délicatesse avec le Barça, on le sait, cadrerait parfaitement avec le City new-look qui est en train de se dessiner.

Quelques mots sur le mercato, bien plus vivant qu’on l’aurait imaginé. Suarez à Liverpool, c’est presque fait: Comolli était à Amsterdam ce week-end. David Luiz à Chelsea, ça se précise. La petite merveille de Southampton (encore une, après Bale et Walcott) Alex Oxlade-Chamberlain arrivera bientôt à Arsenal dans un deal qui rapportera jusqu’à 12m€ au club des bords de la Manche. Autant dire, ‘du lourd’, alors que le marché stagne partout ailleurs en Europe. Les nouvelles sont moins bonnes pour Blackpool, hélas. Quand votre capitaine dépose une demande de transfert 24 heures avant la réception de Manchester United...aille-aille-aille. Charlie Adam, l’un des joueurs de l’année, a les qualités pour s’imposer à Villa ou à Liverpool, personne n’en doute; et le problème est que les Tangerines ne peuvent s’aligner sur le salaire que peuvent proposer ces clubs. Adam touche actuellement 0,56m€ annuels et serait payé le quintuple – au moins – dans un autre club. A sa place, que feriez-vous? Un vrai crève-coeur pour Ian Holloway et pour les supporters de ‘Pool, qui idôlatrent leur gaucher magique. Espérons que ce transfert, s’il se fait, ne fasse pas partir cette magnifique équipe en vrille.

Enfin, une fois de plus, Adel Taarabt, youpi! Le Marocain a du génie. Sa passe de l’extérieur du pied pour Routledge sur le deuxième but de QPR (toujours leader du Championship, re-youpi) était digne de...qui vous voulez. Et il fait cela toutes les semaines. Warnock a fait le pari de bâtir son équipe autour de lui, et en est récompensé. Il lui pardonne ses excès d’individualisme, sa lecture du jeu parfois brouillonne, parce qu’il sait que Taarabt, c’est aussi ça, du déchet. Mais le reste, quel bonheur! Le bon joueur pour le bon manager pour le bon club au bon moment, voilà tout, et personne ne le regrettera. Sauf le RC Lens?

A très vite à l’antenne, les ami(e)s.

Un féminin d’actualité, comme vous l’entendrez...