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Parker : « Je ne changerais rien du tout »

Tony Parker champion d'Europe et MVP de l'Euro

Tony Parker champion d'Europe et MVP de l'Euro - -

Enfin récompensé par une médaille d’or après treize années en équipe de France, Tony Parker savoure. Mais pour le MVP de l’Euro et leader des Bleus, il est hors de question d’effacer quoi que ce soit dans ce parcours pourtant difficile.

Tony Parker, vous avez tellement couru après ce titre. A quoi avez-vous pensé à la fin du match ?

L’aventure était géniale. Je ne changerais rien du tout. On a progressé chaque année. Médaille de bronze (2005), médaille d’argent (2011). On a appris. On a eu des hauts et des bas, avec de dures défaites. Là, on est enfin champions d’Europe. Je pense à tout le sport français, à tous les sportifs qui m’ont envoyé des messages de soutien, à tous le basket français, aux filles, à mes amis, à ma famille, à tous ceux qui m’ont soutenu pendant toutes ces années. C’est génial. Il n’y a que le sport qui peut créer des émotions comme ça. Ça va faire du bien pour notre sport. Tout le monde attendait ça depuis très longtemps. J’ai eu tellement de messages ce matin (dimanche) que je n’avais pas envie de décevoir. Je savais que toute la nation était derrière nous. C’est génial de rentrer dans l’histoire.

Avez-vous conscience de ce que vous venez de faire ?

J’ai encore du mal à réaliser. Demain (lundi), on va réaliser quand on va rentrer en France. On a travaillé dur pour ça. L’équipe a super bien joué en finale. On a fait un gros match et on a cru en nous. C’est ça, le plus important.

Avez-vous l'impression d'être né sous une bonne étoile, après vos trois titres NBA ?

J’ai toujours dit que j’étais né sous une bonne étoile ! Avec San Antonio, avec l’équipe de France, j’ai des coéquipiers en or. Flo-Flo (Florent Pietrus), Boris (Diaw), Mickaël (Gelabale), tous ceux qui sont là depuis le début, on en a bavé. Mais je ne changerais rien. Ça rend cette médaille d’or encore plus belle. Et il y a les jeunes qui arrivent, avec Nico (Batum) et Antoine (Diot). Nico, je suis allé dans sa chambre samedi soir. Je lui ai dit : « Je crois en toi, tu vas faire une grosse finale. Ils vont faire prise à deux sur moi et tu vas être ouvert, tu vas avoir des tirs ». Les tirs, il les a mis. Il a été incroyable sur la finale. On a pris une avance de 15 points. Et après, on a fait le boulot. C’est notre identité, la défense. On est enfin champions !

Vous êtes plus que jamais le leader de l'équipe de France...

C’est mon job d’être le leader, de montrer la voie. Je suis allé dans les chambres de tout le monde samedi soir, pour leur expliquer qu’on n’a pas beaucoup d’opportunités et que quand on en a une, il faut la saisir. Une finale, ça se gagne. C’est ce qu’on a fait. On est allé la chercher.

Vous êtes ému...

Bien sûr. C’est beaucoup d’émotion. C’est dur à expliquer. Le sport, c’est cruel des fois… Je l’ai vécu il y a trois mois avec les Spurs (défaite en finales NBA face à Miami, ndlr). Avec l’équipe de France, tu penses à toutes les grosses défaites qu’on a eues. Mais à chaque fois, tu apprends. Ça montre la force de caractère de cette équipe. Avec Boris, Flo-Flo, Mickaël, quand on en reparlera dans 10, 20 ans, on pourra dire qu’on est allé au charbon, qu’on y a cru, alors que personne n’y croyait.

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Propos recueillis par François Giuseppi à Ljubljana