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Beauxis veut prendre la main

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Appelé par Philippe Saint-André pour participer au stage de préparation au Tournoi des VI Nations, qui débute ce lundi à Marcoussis, le demi d’ouverture toulousain (26 ans) espère enfin s’installer chez les Bleus après être passé à côté de la dernière Coupe du monde.

« Le train est parti. C’était trop tard pour moi. » Lionel Beauxis, sélectionné seulement à trois reprises avec les Bleus sous l’ère Marc Lièvremont, a manqué le wagon pour la Coupe du monde 2011. Il s’est même offert un plaisir un peu pervers pour son 26e anniversaire. La veille, dans son canapé, il a assisté à la défaite du XV de France en finale (8-7 contre la Nouvelle-Zélande). Sur la terre des Blacks, Morgan Parra et François Trinh-Duc, ses principaux rivaux au poste de demi d’ouverture, ont vécu une folle aventure. Pas lui : « Dans ces cas-là, on est devant sa télé, impuissant. La seule chose que l’on puisse faire, c’est de les encourager. » Pas rancunier, Lionel.

Entre le Toulousain (15 sélections) et le XV de France, rien n’a jamais été simple. « J’étais parfois appelé mais j’ai toujours été blessé aux mauvais moments, dit-il avec regret. Mais j’ai toujours bossé pour porter ce maillot. » Pour expliquer sa traversée du désert, lui qui fut demi-finaliste de la Coupe du monde en 2007, Lionel Beauxis évoque aussi les mauvais résultats obtenus avec le Stade Français : « Nous n’étions plus en haut de l’affiche. C’était dur à vivre. » Pas au niveau de ses concurrents, le joueur fait profil bas : « Dans ce genre de situation, on bosse, on ferme sa gueule et on attend que son nom apparaisse dans la liste. Mais ça fait ch…, oui. »

« Je sais jouer à la main aussi »

L’abnégation finit toujours par payer. Transféré à Toulouse à l’intersaison, l’ancien joueur de Pau casse la baraque malgré une pubalgie en début de saison. Ses 79 points inscrits lors des trois derniers matches du Top 14 ont marqué les esprits. Notamment celui de Philippe Saint-André, le nouveau sélectionneur, qui le convoque logiquement dans sa liste de 30 joueurs pour le stage de préparation au Tournoi des VI Nations. « Cette fois, je ne dois pas laisser passer ma chance, admet Beauxis. Pendant ce stage, je vais tout faire pour être dans les 23. » S’installer enfin chez les Bleus, Jean-Baptiste Elissalde, son entraîneur à Toulouse, y croit : « Cela ne tient qu’à lui. Tout est à son service pour qu’il soit le meilleur. Cela doit être son ambition. »

Pour cela, Lionel Beauxis dispose d’un atout de poids : un jeu au pied hors-norme. Une marque de fabrique qui lui colle à la peau et qui amuse son coach : « Tu ouvres le catalogue La Redoute, tu vas à la page ‘jeu au pied’ et tu as Lionel Beauxis, sourit Elissalde. Mais je suis convaincu que Lionel est très bon dans d’autres registres. » D’une adresse diabolique, l’intéressé se souvient avoir cassé les carreaux de sa mamie et s’être entraîné avec son papa, ancien rugbyman, comme lui, sous la neige de Noël ou du jour de l’an. Mais il s’agace presque lorsqu’on le réduit à ses talents de buteur : « Je sais jouer à la main aussi », s’agace-t-il. Philippe Saint-André l’a sans doute remarqué…