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Blanco : « Le Français a tendance à se relâcher… »

Serge Blanco

Serge Blanco - -

Serge Blanco, vice-président de la Fédération, président du Biarritz Olympique et ancienne légende du XV de France, est revenu dans le Moscato Show, sur RMC, sur l’actualité du rugby français. Et bien évidemment, la défaite en Italie dans le Tournoi (18-23).

La claque de Rome

« Il ne faut pas jeter tout par-dessus bord après la première défaite. Il faut essayer de comprendre un peu ce qui est arrivé. Involontairement, et je dis bien involontairement, les Français ont peut-être cru qu’ils avaient gagné d’avance. Surtout après la série du mois de novembre (victoires contre l’Australie, l’Argentine et les Samoa, ndlr). On vit dans un monde toujours plus ou moins fragile et le Français reste le Français. Et de temps en temps, il a tendance à se relâcher. C’est toute cette forme d’éducation, cet état d’esprit qu’il faut développer. C’est une équipe qui a des possibilités, elle l’a démontré. C’est à elle maintenant de se forger le moral qui va avec les qualités que l’on peut trouver quand tout se passe bien ».

La constance, un mal français

« Il y a beaucoup de psychologique là-dedans. Peut-être que des joueurs étaient sur une pente ascendante au mois de novembre. Entretemps, certains étaient blessés, d’autres n’ont pas forcement joué, d’autres ont peut-être trop joué. C’est quelque chose sur lequel il faut travailler. Parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps. Toute génération confondue, il nous est à tous arrivé, un jour ou l’autre, un moment d’égarement. Et j’ose espérer que c’est un moment d’égarement qui nous permettra de nous resserrer et de montrer un autre visage ».

La fatigue, fausse excuse

« C’est un éternel recommencement. C’est toujours pareil, on essaye de se réfugier dans les carcans qui ne nous amènent que désagréments et colère. Ce n’est pas le but. Le but, c’est de dire : voilà, on est capable de faire des choses différemment, d’avoir un rendement qui est tout à fait à notre niveau. Après, si on veut tous se cacher, on va tous trouver des prétextes comme la fatigue. Ce n’est pas le but aujourd’hui. Je pense que ni l’encadrement, ni les joueurs ne cherchent de telles raisons pour expliquer la défaite de Rome ».

Blanco président ?

« Je crois qu’il faut arrêter de fantasmer. Que la presse et les médias arrêtent de fantasmer et de véhiculer des images qui sont fausses et qui ne sont pas justifiées. Aujourd’hui, l’ambition personnelle de Serge Blanco, ça n’est pas de dire : "Je veux être à tout prix, à telle heure et tel jour le président de la Fédération". Ça n’est pas ça mon problème. Mon problème, c’est d’avoir une politique cohérente pour un système dans lequel je vis depuis maintenant des décennies. Ma problématique, c’est de savoir si l’on va faire un grand stade, c’est de savoir si la France va être championne du monde, comment faire évoluer le rugby professionnel, comment va évoluer le rugby amateur, comment on peut le protéger, savoir si le rugby professionnel, qui est train de prendre une importance folle, n’est pas nocif pour le rugby amateur, notamment par rapport à la venue d’un certain nombre de joueurs étrangers. C’est toutes ces questions-là qu’il faut se poser. Ce n’est pas de savoir si Serge Blanco sera un jour président de la Fédération ». 

La dangereuse spirale des salaires

« Nous sommes dans une escalade financière qui me paraît assez nocive, financièrement. A vouloir suivre la ou les locomotives, on risque de dégrader l’ensemble du transport et du train. Là, je suis un petit peu critique. On a fait en sorte que le rugby soit un rugby professionnel, que le Top 14 soit la vitrine de notre sport en France, et ça c’est un pari qui est gagné. Mais il ne faut pas non plus que ce produit se détruise par lui-même. Parce que quand on met beaucoup d’argent sur la tête d’un très grand joueur, il n’y aucun problème. Sauf que le fait de mettre beaucoup d’argent sur la tête d’un joueur, ça fait monter les minima. Et avec les minima aujourd’hui, c’est difficile de tenir la route ».

Pas de fusion entre Biarritz et Bayonne

« Nous n’avons jamais parlé de fusion. Il n’y aura jamais de fusion. Ça n’est pas ferme et définitif, il ne faut jamais dire ou affirmer, mais aujourd’hui, c’est comme ça. Nous avons des rapports cordiaux avec M. Afflelou et son club, l’Aviron Bayonnais. Lors d’un avant-match, nous avons discuté tout à fait librement et il y a assez de témoins qui seraient capables de répéter les conversations que nous avons eues ce jour-là. Afflelou s’est exprimé dans la presse (en envisageant une fusion, ndlr). Je n’ai pas de commentaire à faire. Je ne ferai pas de commentaire par rapport à cette situation. Ceux qui étaient là savent très exactement ce que je pense et ce que j’ai dit. Y compris et en premier le président de l’Aviron Bayonnais… »

Propos recueillis par Olivier Schwarz