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Ce qui coince chez les Bleus

Marc Lièvremont

Marc Lièvremont - -

Alors que ces derniers jours ont été mouvementés du côté de la Nouvelle-Zélande, il semblerait que les tensions apparues autour du XV de France soient en train de s'apaiser. Mais tous les problèmes sont loin d'être réglés.

Les tensions s'apaisent

Quel demi de mêlée titulaire : Yachvili ou Parra ? Qui a l’ouverture : Trinh-Duc, même s’il a été affaibli par son « éviction » ? Quel numéro 8 : Picamoles ou Lakafia ? Qui à l’arrière : Traille ou Heymans ? Qui en troisième ligne aux côtés de Dusautoir : Harinordoquy ou Bonnaire ? Autant de casse-têtes pour le sélectionneur et de lignes d'affrontement au sein du XV de France. Des tensions normales, mais amplifiées par l'effet loupe d’une Coupe du monde de rugby. Autant de raisons, aussi, d'être précautionneux et clair dans la communication interne et surtout, externe. Ce qui n'est pas le cas pour un Lièvremont isolé par le silence assourdissant de son autorité de tutelle et par l'annonce prématurée de son successeur à la tête des Bleus...

Les tauliers se resserrent autour de Lièvremont

La tension palpable entre Marc Lièvremont et certains journalistes à Auckland n'a pas laissé insensibles les tauliers du XV de France, comme Nallet, Dusautoir, Servat ou encore Rougerie. Il semblerait qu’un « carré » soit en train de se former autour du sélectionneur exposé et laissé seul en paratonnerre face à la pression qui augmente au fur et mesure de l'avancée de la compétition. « Marc parle avec son cœur, et ce n'est pas toujours compris », a sobrement commenté un de ces tauliers.

Quelle place pour Ntamack ?

Le torchon brûlait en décembre dernier, mais désormais… il n'y a plus de torchon ! Après l'humiliation de novembre contre l'Australie 59-13 au Stade de France, Marc Lièvremont s'est présenté devant le bureau fédéral dont certains membres réclamaient la fin du trio Lièvremont-Ntamack-Retière. Le sélectionneur des Bleus a fait voter (sous les applaudissements du bureau) son projet « Coupe du monde » dans lequel il reprenait seul les rênes de la communication. Emile Ntamack (les arrières) et Didier Retière (les avants) poursuivaient, eux, leurs travaux respectifs. Lièvremont a ainsi souhaité tisser des liens plus directs avec les joueurs qui ne cachaient pas leur lassitude d'être « infantilisés », et qui ont vu avec bienveillance la montée en puissance de Gonzalo Quesada - spécialiste argentin du jeu au pied du XV de France - pour l'approche du jeu de ligne de la sélection.

Fracture biarrote ?

Après les graves déconvenues, échecs et humiliations qui ont émaillé les saisons 2010 et 2011 (records de points encaissés contre l'Argentine et l'Australie, première défaite contre l'Italie dans le Tournoi), le sélectionneur a vu ses deux principaux points d'appui et autres relais au sein du XV de France se réduire à un seul. La « Berjallie » est toujours en place (les anciens de Bourgoin comme Nallet, Pierre, Parra, Bonnaire), mais le BO a volé en éclat : Thion et Marconnet non retenus, Harinordoquy et Yachvili tancés, Traille sorti (sanctionné ?) à la mi-temps de la défaite contre les All Blacks. Et que dire de la sortie fracassante sur RMC à la fin de l'automne dernier de Serge Blanco, influent président du Biarritz Olympique contre Marc Lièvremont ? L’ancien arrière n’avait pas hésité à comparer le sélectionneur à un « clown (est) triste » ou encore un « entraîneur pas entraînant ».

Lièvremont - Picamoles, l'apaisement

Alors qu’on s'achemine vers une troisième ligne Bonnaire - Lakafia - Dusautoir pour affronter le Tonga en dernier match de la poule A le 1er octobre à Wellington, Louis Picamoles, remplacé à la mi-temps de la défaite contre les All Blacks à Auckland le 24 septembre, aurait eu tard dans la soirée de lundi, veille de l'annonce de la composition de l'équipe, une discussion constructive avec Marc Lièvremont. Ce dernier aurait justifié son choix par un ajustement tactique, Harinordoquy ayant un meilleur rendement en touche que le n°8 toulousain. Ce dernier aurait pu expliquer alors sa sortie médiatique sur son mécontentement par le fait qu'il était frustré de ne pas avoir pu rattraper sur le terrain les quelques bévues commises en première période. En règle générale, les Toulousains sont d’ailleurs titulaires et contents de leur sort.