RMC Sport

Betsen : « Wilkinson est un génie »

Serge Betsen

Serge Betsen - -

Il est peut-être le meilleur « ennemi » de Jonny Wilkinson. Celui qui a croisé sa route à de nombreuses reprises. Retiré des pelouses depuis l’an passé, Serge Betsen raconte le phénomène Wilko, homme à la fois réservé et monstre de perfection.

Serge, à quand remonte votre rivalité avec Jonny Wilkinson ?

Ça a commencé il y a longtemps. En 2000, il avait pris le dessus avec l’équipe d’Angleterre au Stade de France (victoire 15-9 pour la 3e sélection de Betsen, ndlr). Petit à petit, j’ai appris à décortiquer son jeu pour pouvoir le contrer. C’est un joueur qui m’a fait évoluer et contre qui j’ai toujours eu envie de faire une énorme performance. C’est un joueur talentueux, qui est meneur de jeu et qui sait diriger son équipe. Ça ne me surprend pas qu’il soit aussi performant avec Toulon.

Echangiez-vous sur le terrain ?

Sur le terrain, c’était la guerre des tranchées. Il faut pouvoir contrarier son adversaire. J’ai parfois réussi, d’autres fois non. C’est pour ça que je dis que c’est un joueur contre qui j’ai toujours progressé parce qu’il est tellement imprévisible par ses actions. Il faut être concentré 80 minutes pour pouvoir l’arrêter et le contrer, notamment sur ses drops. C’était toujours un challenge.

Et en dehors du terrain ?

On n’avait pas trop de rapports après le terrain, même s’il y avait de la crainte et de la politesse de part et d’autre. J’ai pu le rencontrer ensuite en France. J’étais content de voir qu’il parlait français et qu’on pouvait échanger. C’est quelqu’un d’assez réservé, plutôt timide mais qui discute aisément quand on va vers lui.

Ce n’était donc pas quelqu’un de chambreur ?

Non. Jonny est très réservé, simple et poli. Il a cette capacité à se détacher des évènements. Il ne se prend pas la tête par rapport à ses performances. Ses performances dépassent son caractère et sa nature, alors que lui reste normal. C’est un génie de ce rugby.

Pourquoi est-il une icône en Angleterre ?

C’est LA star nationale. C’est quelqu’un qui a fait gagner la Coupe du monde à l’Angleterre. L’Angleterre lui doit beaucoup. On en parle toujours comme un joueur légendaire. C’est vrai que les Anglais ne regardent que lui et ses performances en club.

Que lui a apporté son passage à Toulon ?

Il a montré à tout le monde qu’il pouvait s’adapter et être performant, même s’il a eu quatre ans de « vacances » à cause de ses blessures. C’est un joueur formidable qui apporte énormément à son équipe. C’est un joueur professionnel qui a su le rester. Il surprend toujours. Il peut taper des drops n’importe quand, il fait bien jouer ses coéquipiers. Et j’ai toujours aimé sa façon de défendre. Il se met le défi de faire tomber ses adversaires. C’est plutôt rare pour un joueur de son poste. C’est quelqu’un qui travaille dur et qui mérite aujourd’hui ses performances. Bravo à lui !

A lire aussi :

Laporte : « Pas de coup de mou »

Chabal et Moscato inquiets pour Toulon

Moscato : « Les Irlandais se moquent de nous »

Propos recueillis par Pierrick Taisne à Londres