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Castaignède : « Les Saracens ? Des animaux au sang-froid ! »

Thomas Castaignède sous le maillot des Saracens

Thomas Castaignède sous le maillot des Saracens - -

Il a porté les couleurs des Saracens pendant sept ans et vit aujourd’hui à Londres. En observateur attentif du rugby, l’ancien international Thomas Castaignède décrypte pour RMC Sport les clés de l’affrontement entre Toulon et les Saracens, ce dimanche en demi-finale de la H Cup (17h).

Thomas, êtes-vous surpris de voir les Saracens à un tel niveau ?

Pour les Saracens, c’est une confirmation. Une confirmation des résultats des cinq dernières années. C’est une équipe très structurée qui essaye également de se construire en termes de marketing, de merchandising avec un nouveau stade. C’est un des clubs de Londres qui grandit avec les Harlequins. Le rugby londonien, qui était un peu en-dessous, est en train de passer une étape.

Les Saracens ont-ils les épaules pour secouer Toulon ?

Toulon est une très grosse équipe qui monte en puissance, avec un Matt Giteau qui joue à n’importe quel poste, avec un Jonny Wilkinson qui met les points quand il faut et avec une troisième ligne omniprésente. Toulon a les arguments. Mais les Saracens sont des animaux au sang-froid. Ils vont vous donner l’impression que vous pouvez les battre, les orienter où vous voulez. Mais d’un coup, ils marquent des points et enchaînent. Sans être flamboyants, mais en usant l’adversaire. Et physiquement, à la 60e minute, ils essayent de faire la différence. Un peu à l’image de ce que fait l’équipe nationale anglaise.

Que reste-t-il de vos sept saisons passées là-bas (de 2000 à 2007) ?

Le jour de ma signature, mon premier match en amical à Watford contre le Leinster de Brian O’Driscoll, ma blessure, mon retour. Et puis, cet esprit. Il règne la solidarité. Quand vous êtes un « Sarries », vous l’êtes avant le match, sur le terrain et après votre carrière. La volonté de ce club est de faire venir des joueurs qui se sentent bien sur le terrain, mais de leur permettre de faire une carrière après car la vie est longue après le rugby.

Ce match sera également celui des retrouvailles entre Jonny Wilkinson et le public anglais…

Ça me fait bizarre de voir l’équipe d’Angleterre sans Jonny Wilkinson. On a tellement été habitué. L’image de Jonny est collée à ce maillot. Mais il a fait un choix. C’est un gentleman qui a décidé de passer à autre chose, à sa carrière à Toulon. Après avoir affronté Flood, il va se mesurer à celui qui joue 10 en Angleterre (Owen Farrell, ndlr). Ça va être un duel intéressant à suivre. Je pense que les gens qui viendront à Twickenham viendront aussi voir Wilkinson. Il a laissé ici un souvenir incroyable.

On a parfois tendance à présenter Farrell comme une terreur…

Non, pas du tout. J’ai joué avec son père, Andy. Je l’ai vu arriver aux Saracens vers 13 ou 14 ans. C’était un gamin timide, mais on le sentait concerné, toujours avec nous et avec la volonté d’apprendre. Le voir aujourd’hui en équipe d’Angleterre me rappelle un peu quand j’ai vu arriver Fred Michalak et Clément Poitrenaud avec le Stade Toulousain. C’est fou de se dire que de tels joueurs qui étaient parmi nous sont sur le devant de la scène. Mais on sentait déjà qu’il y avait de grosses qualités inculquées par son père.

Où ira le choix du cœur dimanche ?

J’aimerais que ce soit une équipe française qui gagne. Au travers de son parcours et de la confiance, Toulon a peut-être un avantage. C’est une équipe très solide, avec des joueurs capables de faire la différence sur des un contre un. Mais attention aux Saracens, une formation très appliquée et pointilleuse dans son jeu. Il faudra être très fort pour venir gagner ici.

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Propos recueillis par Pierrick Taisne