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Fofana, le Monsieur Plus de Clermont

Wesley Fofana

Wesley Fofana - -

Alors que Clermont affronte Toulon en finale de H Cup, samedi à Dublin (18h), les Jaunards pourront compter sur un Wesley Fofana en grande forme. En quelques années, le jeune centre s’est métamorphosé pour atteindre un niveau que même ses partenaires n’auraient pas soupçonné.

« Wesley sera un joueur lambda de Pro D2, peut-être de Top 14, mais il ne sera jamais en haut de l’affiche ». Lorsqu’il a vu débarquer Wesley Fofana à Clermont, en 2008, Julien Malzieu n’aurait pas misé la moindre piécette sur son jeune coéquipier. Pas vraiment impliqué, un peu potelet, le Fofana de l’époque se contente, au mieux, du minimum. « Faire ce qu’on lui demande, et basta », dixit Malzieu. Pas convaincu de vouloir faire du rugby son métier, il préfère sécher les séances de muscu pour jouer à la console. Songeant même, souvent, à tout plaquer. « Je n’avais pas forcément l’envie de devenir pro. Plusieurs fois je suis parti voir les responsables des clubs où je pouvais être en leur disant que ça ne m’intéressait pas. Mais à chaque fois, j’ai pris des refus ». Trop de talent. Trop de potentiel. Derrière son apparente nonchalance, ses dirigeants flairent le diamant.

Bonne pioche. Le diamant brillera de mille feux cinq ans plus tard, un soir de Tournoi, à Twickenham. Nous jouons la 29e minute du match. Et le Clermontois arrête le temps. Au bout de sa course de 70 mètres, avec pas moins de six plaquages anglais esquivés, un essai d’anthologie. Un numéro de funambule exceptionnel. Si la France s’incline (13-23), Fofana reste l’immense satisfaction de la rencontre, et relègue loin, très loin, les doutes de tous ceux qui avaient pu ne pas croire en lui. « Le rugby est un sport collectif mais il y a quand même de grosses individualités. Wesley en fait partie, témoigne encore Malzieu. Sur certaines actions, il n’a pas besoin des autres. Quand il décide quelque chose, il prend les choses en main, il accélère. Cet essai contre l’Angleterre, c’est du Wesley. Il se sort de situations dans lesquelles les trois-quarts des joueurs se feraient choper. Le pire, c’est qu’il a encore une marge de progression assez énorme. A mon avis, ça va faire des dégâts dans le futur ».

Kayser : « Il est assez hallucinant »

Après avoir suscité un énorme scepticisme, le centre auvergnat ne suscite rien d’autre que l’admiration chez son aîné aujourd’hui. Du côté de l’ASM, les sentiments sont d’ailleurs unanimes. « Il est assez hallucinant ce mec, s’enthousiasme Benjamin Kayser. Il pue le rugby et il a des qualités athlétiques extraordinaires. Pendant les oppositions en équipe de France, il marque dix essais à chaque fois. Ce qui m’impressionne, c’est sa capacité à reproduire des matches fantastiques. Il joue quand même beaucoup, et à chaque fois il est bon ». « Le branleur », selon les termes toujours fleuris de Malzieu, s’est métamorphosé. L’addiction à la console est toujours là, mais le surdoué je-m’en-foutiste s’est mué en génial bourreau de travail. La transformation est fulgurante, et le résultat tout simplement détonnant.

« Le déclic est arrivé plutôt tard, avoue le Parisien de naissance. Il y a deux ans, j’ai vraiment essayé de me mettre au boulot et j’ai constaté que quand on travaille, on obtient des résultats intéressants. Plus on grandit, plus on se dit que ça ne sert à rien de perdre du temps donc autant l’optimiser un maximum ». Depuis, les défenses de France et d’Europe ne peuvent que constater les dégâts. Avec 10 essais inscrits en Top 14 et cinq en H Cup (deuxième meilleur marqueur derrière son partenaire Nalaga dans les deux compétitions), Wesley Fofana est au sommet de son art. Et sera encore l’atout maître de Clermont en finale de H Cup, samedi, contre Toulon. En 2010, c’est en simple joker qu’il avait gagné son premier titre avec les Jaunards (champion de France). Offrir à l’ASM sa première H Cup avec un statut d’incontournable serait le parfait symbole de sa magnifique évolution.

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