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H-Cup : la guerre est déclarée

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Le conflit est clairement ouvert entre l’ERC et les ligues professionnelles des clubs anglais et français, ces derniers ne voulant plus de la version actuelle de la H-Cup. Paul Goze, président de l’USAP et de la LNR s’en explique.

Ce qu'il reproche à la compétition actuelle

 « Le mode de qualification pour l’Europe n’est pas le même pour les clubs celtes et nous. Les clubs français et anglais rapportent environ 85% de l’économie et n’en retirent que 48%. Et il y aussi un problème de gouvernance qui ne nous satisfait pas du tout. Donc on avait proposé une plateforme modifiée. On a constaté au bout de 15 mois de négociations qu’il y avait un blocage absolu. On a décidé de faire une nouvelle compétition, avec la même plateforme, et à laquelle les clubs qui jouaient jusqu’à présent, peuvent se rallier s’ils le souhaitent. Ni les club français et ni les clubs anglais ne veulent jouer une compétition dans laquelle les uns et les autres ne seraient pas. »

Pourquoi maintenant ?

« Ce qui a été possible pendant 15 ans et qui a permis à la compétition de démarrer et de se développer, n’est plus possible aujourd’hui car la compétition est arrivée à un certain niveau de maturité. Il était donc temps que nous la reformions, car depuis de nombreuses années, les gens le demandent. Le contrat était en cours, il n’y avait pas de possibilité. Aujourd’hui, la fin du contrat permet de le faire, donc nous le faisons. »

Sa réponse aux opposants d'une réforme

« Jean-Pierre Lux (le président de l’ERC, qui explique à qui veut l’entendre que la réforme voulue par les Ligues est impossible, ndlr) déclare ce qu’il veut. Pour nous, c’est très clair. Soit il y aura la compétition que nous voulons mettre en place avec les Anglais, soit il n’y en aura pas. Nous sommes prêts, les clubs français, à ne pas avoir de coupe d’Europe l’année prochaine si nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord et à monter cette nouvelle compétition. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de compétition où les Français et les Anglais ne seront pas. Donc l’idée de Jean-Pierre Lux et de l’ERC de faire une compétition avec les Celtes et les Français, en ne tenant pas compte des Anglais, c’est une idée qu’il faut absolument oublier. »

Le point de non-retour

« Il ne peut pas y avoir de retour à la table des négociations, ce n’est pas possible. Les gens qui participaient avec nous à la compétition jusqu’à présent peuvent venir dire : « On est prêts à rentrer dans la nouvelle structure dans le cadre de votre plateforme, en ayant réglé nos problèmes internes ». Et à partir de là, on peut discuter. Mais il n’y aura pas de retour vers des négociations vers le ERC pour rediscuter, parce que le retour entrainerait, je suppose, les mêmes conséquences. Il y a 15 mois que nous discutons, on a fait plus de 20 réunions. Je ne pense pas que 2 ou 3 heures supplémentaires maintenant, changerait ce qui n’a pas pu se faire en cent et quelques heures. L’ERC est-elle donc morte ? Je le considère comme ça. »

Qu'en pense l'IRB ?

« Je ne vois pas pourquoi l’IRB (le fédération internationale, ndlr) pourrait empêcher les gens qui veulent faire une compétition de le faire, surtout qu’elle est ouverte ! Ce n’est pas une compétition fermée, de gens qui veulent travailler entre eux pour des raisons non identifiées. Si demain, les clubs gallois, irlandais ou écossais viennent vers nous, on garde la même plateforme, donc il n’y a pas de difficulté. Ce n’est pas vouloir faire une compétition particulière ou qui modifie la donne pour les Français et Anglais. C’est faire quelque chose qui correspond à la réalité sportive et financière du rugby européen aujourd’hui. »

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Propos recueillis par Julien Landry