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Harlequins, pour le pire et le meilleur

Nick Easter

Nick Easter - -

Symbole des errements du rugby anglais ces dernières années, le club londonien s’est racheté une conduite. L’adversaire du Stade Toulousain ce vendredi soir (21h) affiche un bilan extraordinaire de 14 victoires en 14 matchs depuis le début de la saison.

Du parfum du scandale au vent de fraîcheur. Du « Blood Gate » au renouveau. Les Harlequins qu’affronteront le Stade Toulousain ce vendredi soir (21h) à Londres, dans le cadre de la troisième journée de H-Cup, tentent de faire oublier les affres du passé par un bilan sportif exceptionnel depuis le début du mois de septembre. Leurs 14 victoires en 14 matchs (10 en championnat, 2 en Coupe d’Europe et 2 en Coupe anglo-galloise) impressionnent autant que leur perversité avait choqué le 4 avril 2009. Lors du quart de finale de H-Cup contre le Leinster (5-6), le médecin du club avait donné une fausse capsule de sang à un arrière (Tom Williams) et lui avait coupé la lèvre avec un cutter afin de faire entrer à nouveau un buteur sur le terrain au moment d’une pénalité cruciale.

Mais le clin d’œil du joueur en sortant du terrain avait entraîné une enquête menée par l’ERC. Il s’était avéré alors que ce n’était pas la première fois mais presque une coutume du côté des Harlequins. Le club a reçu une amende de 260 000 livres (environ 300 000 euros). Dean Richards, le manager, a été suspendu trois ans et le médecin a été radié de l’ordre. Tom Williams, simple lampiste, n’a lui été suspendu que quatre mois. Le traumatisme avait été grave et profond dans la nébuleuse Harlequins, prestigieux club de la City et des financiers de Londres, distant de quelques mètres du temple Twickenham.

Les drôles de mœurs du rugby anglais

Ce manquement à l’éthique a résonné encore plus fort avec le scandale des « fêtes de Bath », où l’un des joueurs (Matt Stevens) a écopé d’une suspension de deux ans après un contrôle positif à la cocaïne… Des désordres dans le rugby anglais qui ont atteint leur paroxysme en Nouvelle-Zélande lors de la dernière Coupe du monde. Le « Tindall Gate », le lancer de nains dans un bar, la proposition indécente de certains joueurs à l’employée d’un hôtel et le tout pour l’argent en vigueur au sein du XV de la Rose ont considérablement terni l’image de la sélection. Mais de la même manière que les Harlequins et le « Blood Gate » stigmatisaient la déliquescence des mœurs du rugby anglais, leurs incroyables résultats depuis septembre sont comme un chemin de la rédemption. Ils sont redevenus les champions vertueux voulus par les investisseurs de la City, soucieux eux aussi de rétablir un certain ordre et une certaine morale… C’est aussi ce symbole que Toulouse défiera.